"Camion charnier" de migrants en Hongrie: perpétuité en appel pour quatre passeurs

Chargement en cours
Le juge Erik Mezolaki prononce des peines de prison à perpétuité contre les quatre principaux trafiquants qui avaient provoqué la mort de 71 migrants dans un camion frigorifique, le 20 juin 2019 à Szeged, en Hongrie
Le juge Erik Mezolaki prononce des peines de prison à perpétuité contre les quatre principaux trafiquants qui avaient provoqué la mort de 71 migrants dans un camion frigorifique, le 20 juin 2019 à Szeged, en Hongrie
1/2
© AFP, ATTILA KISBENEDEK

AFP, publié le jeudi 20 juin 2019 à 12h50

Près de quatre ans après la mort de 71 migrants dans un camion frigorifique découvert en Autriche, la justice hongroise a prononcé jeudi en appel des peines de prison à perpétuité contre les quatre principaux trafiquants du réseau.

La cour d'appel de Szeged (sud) a aggravé les peines de 25 ans de prison prononcées en première instance, il y a un an, contre ces quatre passeurs. Le parquet avait fait appel, réclamant des sanctions plus lourdes.

Originaires de Syrie, d'Irak et d'Afghanistan et en route pour l'ouest de l'Europe, les 71 victimes - 59 hommes, huit femmes et quatre enfants, dont un bébé - avaient péri par suffocation dans le compartiment étanche que les passeurs avaient refusé d'entrouvrir.

Le drame, survenu en août 2015, avait ébranlé l'opinion publique internationale, au pic de la crise des réfugiés.

Les enquêteurs avaient mis au jour un réseau de passeurs dirigé par Samsoor Lahoo, un Afghan d'une trentaine d'années. Comme ses deux principaux complices et le chauffeur du convoi mortel, tous trois Bulgares, il est condamné à la prison à vie. Pour trois d'entre eux, cette peine est incompressible. 

Les dix autres accusés de ce procès ont été condamnés jeudi à des peines allant de 4 à 8 ans d'emprisonnement. 

Les victimes, qui voulaient se rendre en Allemagne, avaient été embarquées dans le sud de la Hongrie, non loin de la frontière serbe, le 26 août 2015. Entassées sur 14 mètres carrés, avec moins de 30 mètres cubes d'air pour respirer, elles avaient succombé en moins de trois heures.

Le camion avait été découvert le lendemain abandonné avec son macabre chargement sur le bas-côté d'une autoroute autrichienne à proximité de Parndorf, à la frontière hongroise.

Des écoutes téléphoniques réalisées par la police hongroise avaient établi que Samsoor Lahoo, alerté par ses hommes sur le fait que les migrants suffoquaient et criaient pour qu'on leur donne de l'air, avait interdit que soit entrouvert le compartiment frigorifique.

L'émotion provoquée par le drame avait favorisé l'ouverture momentanée des frontières aux centaines de milliers de migrants désireux de rejoindre l'ouest de l'Europe, au début de la grande vague migratoire de 2015-2016.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.