Californie : un Noir dénoncé comme suspect alors qu'il promenait ses chiens

Californie : un Noir dénoncé comme suspect alors qu'il promenait ses chiens
(Illustration)

leparisien.fr, publié le jeudi 14 juin 2018 à 10h59

Un homme noir originaire du Nigeria a été victime du profilage racial en vigueur aux Etats-Unis : il a été dénoncé à la police tandis qu'il promenait ses chiens puis déclaré suspect dans un cambriolage.

Ike Iloputaife ne pressentait pas quelle mésaventure l'attendait, le mois dernier, alors qu'il promenait ses lévriers russes dans un quartier de San-Diego (Californie). Une habitante du quartier l'a pris en photo, affirmant que c'était un « étranger » dans sa rue. A la suite d'un cambriolage dans les environs, elle a envoyé le cliché à la police.

Le shérif de San Diego a alors placé le malheureux promeneur sur la liste des personnes « dignes d'intérêt », faisant de lui un suspect. Quand le communiqué de presse frappé de sa photo a été diffusé, Ike Iloputaife était en vacances et il a été informé par un voisin à son retour chez lui.

« C'est la première fois que j'ai affaire aux forces de l'ordre », a-t-il confié à la radio locale KPBS. « Je ne sais pas comment elles traitent les choses en général, mais elles n'ont pas traité ce cas correctement », a-t-il ajouté.

« Dans la tête de (celle qui l'a dénoncé à la police), je suis devenu une personne suspecte à cause de la couleur de ma peau », a-t-il déploré sur l'application Nextdoor. « Appeler la police à propos d'une personne noire dans cet environnement politique et culturel explosif peut la mettre en danger », insiste-t-il.

La police de San Diego s'est excusée pour sa bévue. "Nous nous excusons pour les tourments que cela a pu causer à M. Iloputaife et avons commencé à mettre en œuvre des mesures (pour éviter que cela ne se reproduise) », indique le bureau du shérif de San Diego dans un courriel à l'AFP.

Ike Iloputaife aimerait maintenant que la police diffuse un communiqué pour l'innocenter totalement. Arrivé aux Etats-Unis en 1981 pour étudier l'ingénierie aérospatiale, il a tenu des chambres d'hôte en Provence pendant une vingtaine d'années avant de retourner vivre aux Etats-Unis l'an dernier.

Des bavures à répétition Si les incidents à caractère raciste ont toujours été fréquents aux Etats-Unis, l'usage des smartphones et des réseaux sociaux leur donne désormais un écho beaucoup plus important.

> Le mois dernier, une femme blanche a appelé la police d'Oakland pour dénoncer une famille noire qui faisait un barbecue dans un parc, affirmant à tort qu'ils violaient le règlement des lieux. L'échange a été filmé et largement diffusé.

> En avril, dans un Starbucks de Philadelphie, deux hommes noirs qui attendaient un ami ont été arrêtés parce qu'un employé les trouvait suspects. L'enseigne a réagi en fermant tous ses points de vente une demi-journée fin mai pour sensibiliser tous ses employés aux préjugés raciaux.

> A l'université de Yale, une étudiante (noire) a été interrogée par des agents après qu'une autre étudiante (blanche) l'a trouvée assoupie dans la pièce commune du dortoir où elle vivait.

> A Los Angeles, l'acteur Darris Love a été arrêté et brutalisé dans un centre commercial dont les agents l'avaient pris pour le suspect d'un cambriolage. Estimant que sa couleur de peau en était la cause, il a porté plainte contre les services du shérif du comté.

Ces incidents se terminent parfois beaucoup plus tragiquement et des villes comme Baltimore ou Ferguson ont connu ces dernières années des émeutes à la suite de violences policières envers les Noirs.

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