Californie : le jeune homme noir abattu par des policiers leur tournait le dos

Californie : le jeune homme noir abattu par des policiers leur tournait le dos

Sacramento (Californie), vendredi. L'avocat de la famille de Stephon Clark montre des schémas des blessures mortelles de celui-ci.

leparisien.fr, publié le samedi 31 mars 2018 à 08h09

Une autopsie montre que quatre balles sont entrées dans le bas du dos de Stephon Clark.

Il ne défiait pas les policiers de face. Stephon Clark, un jeune homme noir abattu dimanche 18 mars par des policiers de Californie dans le jardin de sa grand-mère, a été touché à huit reprises, principalement dans le dos et sur le flanc. Tels sont les résultats d'une autopsie privée demandée par la famille. Aucun impact de balle n'a été constaté sur le devant du corps ce qui démontre que le jeune homme de 22 ans, qui avait à la main un smartphone, ne présentait pas un danger pour les policiers, affirme l'avocat de la famille, Benjamin Crump.

L'autopsie a été réalisée par un ancien médecin légiste de renom, Bennet Omalu, qui a constaté «quatre entrées de balles dans le bas du dos de Stephon, une sur le côté de son cou avec un orifice de sortie ailleurs sur le cou, une entrée sur l'arrière du cou, une entrée sous une aisselle avec un orifice de sortie de l'autre côté du corps et une à l'extérieur d'une jambe».

«L'affirmation qu'il faisait face à la police n'est pas corroborée par les éléments de preuve apportés par l'autopsie», a déclaré le docteur Omalu. «Il faisait face à la maison, le côté gauche tourné vers les policiers. Il ne leur faisait pas face. La partie gauche de son dos faisait face aux policiers», a-t-il précisé. Le jeune a agonisé pendant 3 à 10 minutes avant de mourir ; «ce ne fut pas une mort instantanée».

Cérémonie et manifestations après la mort de Stephon Clark

Ces révélations ont ravivé la colère des manifestants qui ont défilé de nouveau dans les rues de Sacramento vendredi soir. Les images de l'intervention du 18 mars, prises depuis un hélicoptère de la police et par les caméras corporelles des deux policiers qui ont interpellé le jeune homme dans le jardin de sa grand-mère, montrent que les agents ont tiré 20 balles. Stephon Clark «est victime d'un de ces meurtres absurdes de la police dans des circonstances de plus en plus suspectes», a ajouté l'avocat.

L'intervention des deux policiers, dont l'un est lui-même noir, a été déclenchée par un appel au numéro d'urgence 911, prévenant qu'un homme brisait des vitres de voitures dans une allée adjacente. Stephon Clark reste le principal suspect, selon la police. Les policiers ont cependant été suspendus.

Vendredi soir, le mouvement de défense des Noirs «Black Lives Matter» («les vies des Noirs comptent») a annoncé la tenue d'une nouvelle manifestation devant la mairie. «Le premier tir l'a atteint sur son flanc gauche CE QUI VEUT DIRE QU'IL RENTRAIT DANS SA MAISON ET PAS QU'IL FONCAIT SUR LES POLICIERS», pouvait-on lire notamment sur la page Facebook du groupe.

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