Cagnotte Leetchi de l'ex-boxeur Dettinger: le tribunal ordonne la réouverture des débats

Cagnotte Leetchi de l'ex-boxeur Dettinger: le tribunal ordonne la réouverture des débats
L'ex-boxeur Christophe Dettinger (G) à sa sortie de la prison de Fleury-Mérogis, le 20 février 2019

, publié le lundi 20 janvier 2020 à 17h27

L'ex-boxeur Christophe Dettinger devra encore attendre pour savoir s'il touchera sa cagnotte Leetchi: le tribunal judiciaire de Paris a ordonné lundi la réouverture des débats pour juger si l'objet de cette cagnotte portait atteinte à l'ordre public. 

La cagnotte avait été créée le 6 janvier 2019 pour Christophe Dettinger, filmé la veille à Paris en train de frapper deux gendarmes lors de l'acte 8 des "gilets jaunes". L'ex-boxeur se trouvait alors en garde à vue. En deux jours, les dons avaient afflué jusqu'à atteindre 145.000 euros. 

Mais Leetchi avait décidé, le 8 janvier, de suspendre cette cagnotte qui avait fait l'objet de critiques de syndicats de policiers et de certains responsables politiques. 

Au coeur des débats à venir, l'objet de la cagnotte: portait-il atteinte à l'ordre public? L'intitulé, d'abord "Soutient un boxeur gilet jaune", avait changé après quelques heures pour devenir: "Cagnotte officielle en soutien à Christophe Dettinger". Et le créateur de la cagnotte avait ajouté: "Ce week-end face à la pression, il a pris un risque pour défendre les manifestants. Malheureusement il risque de servir d'exemple. Aidons-le dans ce combat, il ne doit pas être le seul à payer". 

Dans sa décision, le tribunal met en avant l'article 1162 du code civil sur la nullité des contrats pour violation à l'ordre public.

Les magistrats demandent aux avocats de Christophe Dettinger et de la plateforme Leetchi de formuler leurs observations sur cet article et renvoient l'affaire au 19 mai pour fixer les dates des plaidoiries. 

A l'audience en décembre, les avocates du "gilet jaune" avaient demandé qu'il récupère les 145.000 euros donnés par ses soutiens et qu'il reçoive également deux millions d'euros de dommages et intérêts pour compenser la suspension de la cagnotte, qui aurait dû, selon elles, rester ouverte 45 jours. 

Christophe Dettinger a été condamné en février pour les violences sur les gendarmes à un an de prison, aménagé en semi-liberté. Il a porté un bracelet électronique jusqu'en août. 

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