Berlin arrête le cerveau présumé d'un incroyable trafic de cocaïne russo-argentin

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 Une photo diffusée par les autorités argentines le 22 février 2018 montre des policiers au cours de l'opération antidrogue russo-argentine qui s'est soldée par la saisie de près de 400 kilos de cocaïne à Buenos Aires

Une photo diffusée par les autorités argentines le 22 février 2018 montre des policiers au cours de l'opération antidrogue russo-argentine qui s'est soldée par la saisie de près de 400 kilos de cocaïne à Buenos Aires

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© AFP, HO, Argentina's Security Ministry

AFP, publié le vendredi 02 mars 2018 à 12h49

Le cerveau russe présumé d'un incroyable trafic de cocaïne utilisant une dépendance de l'ambassade russe en Argentine a été arrêté en Allemagne, a annoncé vendredi la police berlinoise, dernier épisode en date de cette rocambolesque affaire.

Andreï Kovaltchouk, 49 ans, a été interpellé à Scharmützelsee, une localité du Brandebourg près de Berlin sur la base d'un mandat d'arrêt international russe, ont annoncé le Parquet général et la Police de Berlin.

L'individu est accusé d'avoir constitué "une organisation criminelle ayant pour but le trafic de cocaïne de l'Argentine vers la Russie", selon le parquet allemand.

Andreï Kovaltchouk est soupçonné d'être l'architecte d'un réseau qui avait stocké près de 400 kilos de cocaïne dans 16 valises dans une école russe située dans un bâtiment annexe de l'ambassade russe à Buenos Aires.

Les stupéfiants avaient été découverts le 13 décembre 2016 sur dénonciation de l'ambassadeur Viktor Koronelli.

- Farine contre cocaïne -

L'affaire avait ensuite déclenché une enquête de longue haleine et une opération extravagante des autorités argentines et russes.

Les enquêteurs argentins ont ainsi remplacé la drogue par 400 kilos de farine et installé des balises dans les valises afin de surveiller la transaction.

Les mois suivant, les membres du réseau ont tenté à plusieurs reprises, en vain, de faire partir le chargement de farine par valise diplomatique.

Selon Buenos Aires, c'est finalement le gouvernement russe, à la faveur d'un voyage officiel en Argentine, qui a procuré un avion pour pouvoir surveiller la remise des valises à Moscou, le 12 décembre 2017.

L'un des aspects de l'enquête a suscité en Russie un début de polémique: selon des médias russes, c'est l'avion officiel de Nikolaï Patrouchev, chef du Conseil de sécurité national, qui a été utilisé.

Mais l'administration présidentielle russe et le ministère des Affaires étrangères ont farouchement nié ce point.

Moscou a également rejeté les allégations du quotidien russe Kommersant, selon lequel Andreï Kovaltchouk aurait été impliqué dans des missions diplomatiques.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Ryabkov, a qualifié ces allégations "d'efforts ciblés afin de diffamer" l'enquête, selon Ria Novosti.

- Des mois avant l'extradition ? -

L'avocat de M. Kovaltchouk, Vladimir Jerebenkov, a pour sa part expliqué à l'agence russe Ria Novosti avoir été prévenu de l'arrestation de son client par la conjointe du suspect. 

Il a par ailleurs indiqué à Interfax, une autre agence en Russie, que la "procédure en vue d'une extradition pourrait prendre des mois, voire plus".

La police allemande "a dit qu'elle n'allait pas juste le livrer comme ça" à Moscou, a-t-il ajouté.  

Avant l'interpellation de M. Kovaltchouk, cinq personnes avaient été arrêtées dans cette affaire menée conjointement par les polices des deux pays : deux en Argentine et trois en Russie.

Parmi les personnes interpellées à Buenos Aires figure un Russe naturalisé argentin qui avait intégré la police de la capitale en 2013.

En Russie, un ancien employé de l'ambassade en Argentine, Ali Abianov a été notamment arrêté. Selon des médias russes, il avait été limogé de la représentation russe à Buenos Aires en novembre 2016. 

La drogue, "d'une très grande pureté", était destinée à la Russie et probablement à l'Allemagne, selon les enquêteurs.

Des agents des forces de l'ordre russes étaient venus en Argentine "à trois reprises pour participer à l'enquête qui a nécessité plus d'un an", avait indiqué la ministre de l'Intérieur argentine Patricia Bullrich.

Selon elle, la valeur de la cocaïne était "d'environ 50 millions d'euros sur le marché russe".

Les enquêteurs n'ont en revanche pas pu déterminer l'origine de la cocaïne. "Elle peut provenir de Colombie ou du Pérou, les paquets étaient ornés d'une étoile", selon la ministre.

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