Bastien, tué dans un lave-linge: 20 ans de prison requis en appel contre la mère

Bastien, tué dans un lave-linge: 20 ans de prison requis en appel contre la mère
Croquis d'audience du procès de Charlène Cotte et Christophe Champenois le 8 septembre 2015 à la cour d'assises de Melun

AFP, publié le vendredi 12 octobre 2018 à 20h07

L'accusation a requis vendredi une peine de 20 ans de prison contre la mère de Bastien, tué dans un lave-linge en 2011, qui est jugée en appel aux assises de Paris depuis lundi.

Le verdict est attendu dans la soirée.

Le 25 novembre 2011, Bastien, 3 ans, avait été retrouvé mort dans l'appartement familial de Germigny-l'Évêque (Seine-et-Marne). Pour s'être mal comporté à l'école, le garçon avait été, en guise de punition, enfermé de force par son père dans le lave-linge qui avait ensuite été allumé.

Il y était resté entre 30 et 60 minutes et avait trouvé la mort alors que son père était sur son ordinateur et que sa mère, Charlène Cotte, faisait un puzzle avec Maud, leur fille aînée alors âgée de 5 ans.

En 2015, Charlène Cotte, avait été condamnée à 12 ans de réclusion criminelle pour "complicité de meurtre aggravé" et "violences". Le père, Christophe Champenois, avait écopé de 30 ans de prison pour "meurtre aggravé".

Elle seule était rejugée à Paris après avoir fait appel de ce verdict. Sortie de prison en mars 2016, elle a comparu libre toute la semaine.

"Je n'ai pas tué Bastien, je n'ai pas aidé à tuer Bastien", a déclaré l'accusée en sanglotant, avant que la cour ne se retire pour délibérer. "Ça fait sept ans que je fais des cauchemars tous les jours", a-t-elle conclu à la barre.

Dans son réquisitoire, l'avocate générale Sylvie Kachaner a souhaité "rapprocher davantage" la peine de la mère de celle de Christophe Champenois et a donc requis une peine de prison plus lourde qu'en première instance, assortie du retrait de l'autorité parentale et d'une interdiction d'exercer toute fonction la mettant au contact d'enfants.

La représentante du parquet a estimé que la mère de Bastien, qui savait son fils dans le lave-linge mais ne l'a pas secouru, est "bien complice" de l'acte du père puisqu'elle a détourné l'attention de la soeur de Bastien alors que celui-ci se trouvait dans la machine.

"Il n'y a pas eu d'opposition au placement de Bastien dans la machine à laver", a déclaré la magistrate. Charlène Cotte "n'avait pas l'intention d'empêcher Christophe Champenois", a-t-elle estimé, contredisant la thèse de la défense selon laquelle l'accusée avait tenté de s'opposer physiquement à son concubin.

Charlène Cotte ne voulait "pas le moins du monde" la mort de son fils, a souligné son avocat Gérard Zbili,  rappelant que l'accusée avait été "habituée à ne plus pouvoir réagir" face à M. Champenois, décrit comme un "père ultra-violent", "fou dangereux".

"Je ne vois pas, dans ce dossier, de faits qui valent une qualification criminelle", a-t-il déclaré, tout en fustigeant le fait que la situation n'ait pas été "appréciée objectivement", selon lui.

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