Au procès Malgouyres, la défense dénonce une enquête de téléphonie orientée

Au procès Malgouyres, la défense dénonce une enquête de téléphonie orientée
Vue prise le 16 mai 2001 de la propriété du couple Malgouyres, les Jardins de Saint-Adrien, à Servian, près de Béziers

publié le mercredi 01 décembre 2021 à 07h50

La défense de Daniel Malgouyres, accusé d'avoir organisé son propre cambriolage et d'avoir tué un des malfaiteurs dans son domaine de Servian (Hérault), a dénoncé mardi devant la cour d'assises de l'Hérault une enquête de téléphonie à charge, au cours d'échanges parfois houleux avec l'un des enquêteurs.

L'après-midi tirait en longueur lorsque le gendarme chargé de l'enquête de téléphonie est appelé à la barre des témoins, au deuxième jour de ce procès très médiatique qui doit durer jusqu'au 17 décembre. 

Dans un premier temps, le gendarme, un analyste criminel de 57 ans, détaille sans hésiter les centaines d'appels passés par les protagonistes de ce cambriolage sanglant, qui s'est déroulé le 5 octobre 2017, sur fond de divorce tumultueux, dans la propriété du couple Malgouyres, ces Jardins de Saint-Adrien couronnés "jardin préféré des Français" en 2013 sur France 2.

Il émet aussi des "hypothèses" sur les liens qui pouvaient unir Daniel Malgouyres et l'ami à qui il aurait confié le soin d'organiser le cambriolage, Richard Llop.

Or, a martelé le principal avocat de M. Malgouyres, Jean-Pierre Darrigade, visiblement énervé, la téléphonie démontre que les deux hommes ne se parlaient pratiquement pas. 

Et, a-t-il fait confirmer à l'enquêteur, "Daniel Malgouyres n'a jamais été en contact téléphonique avec les autres protagonistes". La présidente de la cour d'assises a dû intervenir pour faire retomber la tension palpable entre l'avocat et l'enquêteur. 

Selon l'accusation, Daniel Malgouyres, aujourd'hui âgé de 72 ans, voulait refaire sa vie avec une employée vénézuélienne du domaine. Il aurait orchestré ce braquage pour faire peur à son épouse et la pousser à quitter leur propriété.

Toujours selon les enquêteurs, l'idée était de payer les deux malfaiteurs avec l'argent que son épouse détenait dans un coffre. Problème: malgré les coups, Françoise Malgouyres n'a jamais cédé. Quant à son mari, il a abattu d'un coup de fusil David Viers, 43 ans, l'un des deux hommes venus les agresser.

Poursuivi pour meurtre, tentative de meurtre et complicité de tentative d'extorsion en bande organisée avec arme, M. Malgouyres a reconnu le tir. Mais il a toujours plaidé la légitime défense et nié être l'instigateur de ce "home-jacking".

De même, il a toujours nié avoir tenté d'abattre le second cambrioleur, Richard Bruno, 57 ans aujourd'hui, alors que celui-ci prenait la fuite.

Arrêté peu après, Richard Bruno a accusé Daniel Malgouyres d'être le maître à penser de ce cambriolage raté. Pour cela, il aurait fait appel à Richard Llop, 56 ans. Propriétaire de chevaux et ami du couple, celui-ci aurait d'abord tenté de recruter trois membres du grand banditisme grenoblois, avant de se tourner vers un proche, Jean-Pierre Bruno.

Et c'est ce Jean-Pierre Bruno qui aurait fait appel à son fils Richard, aujourd'hui poursuivi pour tentative d'extorsion en bande organisée avec arme, celui-ci se faisant finalement aider par David Viers, un camarade de poker.

Selon l'accusation, Richard Llop, poursuivi pour complicité de tentative d'extorsion, aurait expliqué aux futurs cambrioleurs qu'il allaient trouver au moins 100.000 euros. Toute la question est de savoir s'il a agi de sa propre initiative, ou à l'instigation de Daniel Malgouyres.

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