Au procès du viol au "36", un accusé nie tout viol et raconte une pénétration consentie

Au procès du viol au "36", un accusé nie tout viol et raconte une pénétration consentie
Me Anne-Laure Compoint (c) et Sébastien Shapira (g), avocats des policiers Antoine Q. et Nicolas R., jugés aux assises pour viol, le 14 janvier 2019 au palais de Justice de Paris

AFP, publié le mardi 22 janvier 2019 à 16h39

Antoine Q., un des deux policiers jugés pour viol, qu'ils nient, d'une touriste canadienne au 36 Quai des orfèvres en avril 2014 a raconté mardi aux assises les circonstances dans lesquelles il a pénétré digitalement l'accusatrice, un acte sexuel qu'il n'a reconnu qu'après des expertises ADN. 

Antoine Q. et Emily Spanton sont sortis du pub, où plusieurs policiers de la BRI (Brigade de recherche et d'intervention) et la Canadienne avaient bu et flirté tout au long de la soirée. Tous deux se sont rendus en voiture au "36", lui au volant.

"Dès que je rentre dans la voiture, Emily Spanton a mis sa main sur ma braguette. Ca me plait, je la laisse faire", a-t-il démarré. Le policier raconte qu'elle le masturbe. "J'ai mis ma main au niveau de son short. Elle a pris ma main avec un geste assez brusque. Elle m'a aidé à passer sa main sous son short". C'est alors qu'aurait eu lieu la pénétration digitale. "Je n'ai senti aucune résistance", a affirmé le policier à la barre.

"C'était furtif", a-t-il encore ajouté. Il aurait arrêté l'acte à la vue d'un collègue, devant le "36".

Le président a rappelé que le policier n'avait raconté cette pénétration qu'en octobre 2014, une fois son ADN identifié au fond du vagin d'Emily Spanton. "C'est une modification majeure", a souligné le magistrat. Plus tôt dans l'enquête, Antoine Q. avait affirmé qu'il n'avait "absolument pas" d'intention sexuelle avec Emily Spanton.  

"J'avais peur que ma vie se détruise. La BRI, c'était tout pour moi. J'ai une femme et un enfant", a-t-il tenté de justifier. Il a reconnu qu'il avait manqué de "courage". 

Mais cela n'a pas convaincu l'avocat général, Philippe Courroye, rappelant qu'un prélèvement ADN sur la jeune femme avait montré qu'il y avait bien eu pénétration digitale.

Antoine Q. a réaffirmé qu'il ne s'était rien passé entre la jeune femme et lui au "36". Il n'a pas fourni d'explication claire à la présence de son sperme sur deux de ses caleçons, qui portaient aussi l'ADN d'Emily Spanton. 

Mais il a encore nié tout viol: "Je n'ai pas fait de mal à cette femme", a-t-il redit. "Une femme, ce n'est pas un morceau de viande".

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