Au procès du "Mur des cons", le "dégoût" d'un père de victime

Chargement en cours
Philippe Schmitt, père d'Anne-Lorraine Schmitt, arrive au palais de justice de Pontoise, le 14 décembre 2010
Philippe Schmitt, père d'Anne-Lorraine Schmitt, arrive au palais de justice de Pontoise, le 14 décembre 2010
1/2
© AFP

AFP, publié le jeudi 06 décembre 2018 à 21h05

Son profil tranche avec celui des autres plaignants au procès du "Mur des cons" à Paris: Philippe Schmitt, qui n'est pas un homme politique mais un père de victime, a dit jeudi son "dégoût" d'avoir vu son portrait affiché sur ce trombinoscope au Syndicat de la magistrature.

"Je vous laisse imaginer ma stupeur, ma colère et mon dégoût" en 2013, au moment de la révélation de l'existence d'un "Mur des cons" épinglant politiques, magistrats ou intellectuels dans les locaux du syndicat classé à gauche, relate le général Schmitt devant le tribunal correctionnel.

"Parent de victime, le reproche que l'on peut me faire est de ne pas me résigner à ce que d'autres jeunes femmes subissent le martyr d'Anne-Lorraine", lance M. Schmitt, qui avait critiqué le "laxisme" de certains juges après l'assassinat de sa fille par un récidiviste dans le RER en 2007.

"A travers ce comportement, c'est la mémoire de ma fille qu'on insulte", insiste-t-il, dénonçant le "mépris" du syndicat, une "faute d'éthique".

Françoise Martres, qui présidait le Syndicat de la magistrature au moment où l'existence du "Mur des cons" avait été révélée, est jugée depuis mardi pour injures publiques.

Elle avait réitéré mardi ses excuses à M. Schmitt ainsi qu'à un autre père de victime épinglé sur cet affichage, qui ne s'est pas porté partie civile, Jean-Pierre Escarfail, dont la fille a été violée et assassinée par Guy Georges.

Le syndicat leur avait envoyé à l'époque des courriels précisant que leurs prises de positions publiques, et non leur qualité de victime, pouvaient expliquer leur présence au "Mur".

Mme Martres, qui assure que cet affichage n'était plus mis à jour au moment de son arrivée à la tête du syndicat en janvier 2013, avait estimé mardi que M. Schmitt y figurait en raison de sa proximité avec l'Institut pour la justice, une association tenant "les positions d'une droite dure".

Les autres plaignants sont des politiques de droite ou d'extrême droite, le Rassemblement national et le polémiste Dieudonné.

Leurs avocats ont souligné à plusieurs reprises que le syndicat et Mme Martres n'ont exprimé de regrets que s'agissant des deux pères de victimes.

Les politiques sont "des personnalités publiques, habituées à la critique", y compris à voir leurs propos épinglés au fameux "Mur du çon" du Canard enchaîné, a observé Katia Dubreuil, l'actuelle présidente du syndicat.

Fin des débats vendredi.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.