Au moins 15 morts après la rupture d'un barrage en Sibérie

Au moins 15 morts après la rupture d'un barrage en Sibérie
Photo diffusée le 19 octobre 2019 par le ministère des Situations d'urgences montrant une zone inondée après la rupture d'un barrage sur le site d'une mine d'or dans la région de Krasnoïarsk, en Sibérie

AFP, publié le samedi 19 octobre 2019 à 18h17

Quinze personnes ont été tuées et six autres sont portées disparues après la rupture samedi d'un barrage illégal sur le site reculé d'une mine d'or en Sibérie, dernier en date d'une série d'accidents meurtriers qui frappent la Russie.

L'effondrement de ce barrage sur la rivière Seïba, dans la région de Krasnoïarsk, a provoqué l'inondation d'installations pour les travailleurs où vivaient les victimes, selon les autorités russes.

Les eaux boueuses ont envahi ces installations tôt samedi matin, à l'heure où les travailleurs dormaient encore.

Au moins 15 personnes sont mortes et six autres sont toujours portées disparues, a déclaré à l'AFP Aliona Aleksichina, une porte-parole du ministère russe des Situations d'urgence, ajoutant que les recherches se poursuivront au cours de la nuit : "ça continuera malgré tout", a-t-elle déclaré.

Un précédent bilan faisait état de 13 disparus mais sept personnes ont été retrouvées vivantes, ont annoncé les autorités.

Environ 300 personnes, six hélicoptères et six bateaux ont pris part aux opérations de recherches et de sauvetage, compliquées par l'éloignement du site, a annoncé le ministère dans un communiqué.

Au total, 16 personnes ont reçu des soins médicaux, quatre d'entre elles ayant été hospitalisées dans un état sérieux, selon les autorités.

Selon des responsables, le barrage avait apparemment été construit sans respecter les réglementations et les autorités ignoraient même son existence. Une enquête criminelle a été ouverte pour violation des règles de sécurité.

Le président russe Vladimir Poutine a donné l'ordre aux autorités d'assister les victimes et d'identifier les causes de l'accident, a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

- Violation de "toutes les normes" -

Des images télévisées montraient les installations, situées au milieu de forêts et de montagnes avec au sol une fine couche de neige.

Les installations touchées sont situées près du village isolé de Chtchetinkino, au sud de la ville de Krasnoïarsk, elle-même à environ 4.000 km à l'est de Moscou. Environ 180 personnes résidaient sur le site, selon les estimations des autorités.

"Les gens dormaient, apparemment ils n'ont même pas compris ce qui se passait", a confié à la radio moscovite Govorit Moskva un ouvrier de la mine, non identifié. Les travailleurs vivaient dans des installations construites à la hâte, a-t-il assuré, ajoutant que "cela dit tout".

Le barrage appartenait à l'entreprise russe Sibzoloto, qui n'a pas fait de commentaires dans l'immédiat.

Il a été construit en violation de "toutes les normes", a déclaré à la télévision le chef du gouvernement régional, Iouri Lapchine, tandis que le gouverneur de la région, Alexandre Ouss, a estimé que les pluies avaient pu l'éroder. 

Le drame attire l'attention sur les pratiques de l'industrie minière russe, alors que le pays est un des plus gros producteurs d'or au monde mais que leur exploitation se fait souvent au détriment de l'environnement.

Militant écologiste, Alexandre Kolotov a assuré à l'AFP que la branche locale Rospotrebnadzor, l'agence de surveillance sanitaire, avait volontairement fermé les yeux sur les violations environnementales que les activistes avaient documentées.

"Dans la région de Krasnoïarsk, les mineurs agissent en toute impunité. Ils détruisent des rivières pour obtenir quelques kilos d'or", a-t-il déclaré, disant douter que les autorités, comme elles le clament, ignoraient l'existence de barrage. 

Un jour de deuil sera observé lundi dans la région de Krasnoïarsk, ont annoncé les autorités. 

Plusieurs responsables régionaux, dont M. Ouss, des membres du parquet et des inspecteurs, se sont déplacés sur le site. Une équipe de médecins, dont un neurochirurgien, a été envoyée sur place.

Des accidents meurtriers de ce type sont relativement fréquents en Russie, liés à du laxisme dans l'application des normes de sécurité et à une mauvaise gestion et à des équipements remontant à l'époque soviétique.

En août 2009, un grave accident dans la centrale hydroélectrique de Saïano Chouchenskaïa, la plus grande de Russie, située dans la région de Khakassie en Sibérie, avait fait 75 morts. Elle a été mise au compte d'équipements vétustes et d'erreurs humaines.

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