Attentats en Corse en 2012 : deux nationalistes acquittés, trois incarcérés

Attentats en Corse en 2012 : deux nationalistes acquittés, trois incarcérés
Pierre Paoli, soupçonné d'être l'un des leaders du FLNC, le 11 juin à la cour d'assises de Paris.

leparisien.fr, publié le vendredi 22 juin 2018 à 23h41

Pierre Paoli, qui était soupçonné d'être le chef du groupe armé clandestin FLNC, a été acquitté.

La cour d'assises de Paris a acquitté vendredi deux nationalistes corses, dont Pierre Paoli, mais condamné six autres, dont trois avec mandat de dépôt, pour des attentats contre des résidences secondaires sur l'île en 2012.

« Liberta ! », ont crié les trois condamnés aux plus lourdes peines quand les gendarmes leur ont fait quitter la salle, menottes aux poignets, sous les applaudissements du public et dans une forte agitation. La mère de l'un des condamnés s'est évanouie, alors qu'un père a pris à partie un gendarme qui ne le laissait pas embrasser son fils qui partait en détention.

Le principal accusé, Pierre Paoli, qui était soupçonné d'être le chef du groupe armé clandestin FLNC (Front de libération nationale corse), a été acquitté, « les charges étant insuffisantes pour retenir la culpabilité », a expliqué le président Régis de Jorn, qui s'est ainsi conformé aux réquisitions du parquet.

Pierre Paoli a été incarcéré dans cette affaire de février 2015 à septembre 2016. Certains de ses co-accusés, qui étaient jugés depuis le 11 juin, ont fait jusqu'à 3 ans de détention provisoire.

L'autre acquittement a concerné le patron d'un restaurant, qui était passé pour un repaire de membres du FLNC.

Plusieurs dizaines d'attentats

Deux hommes ont été condamnés à 6 ans de prison, un troisième à 5 ans. Les autres ne retourneront pas en prison, leurs peines étant couvertes par la détention provisoire.

Ces huit nationalistes corses étaient jugés pour des faits remontant à mai et décembre 2012 : plusieurs dizaines d'attentats avaient alors visé des résidences secondaires aux quatre coins de l'île, sans faire de victimes. Des attaques revendiquées par le FLNC, au nom de son « combat contre la spéculation immobilière ».

Tous ont nié avoir pris part à ces attentats. Ces nationalistes affirment ne pas avoir été membres du FLNC, même s'ils refusent de condamner la lutte armée.

Ce groupe clandestin a renoncé à la lutte armée en 2014. Le nationalisme corse a depuis tourné la page des attentats et a triomphé dans les urnes en obtenant une majorité absolue aux élections territoriales en décembre. Il s'agissait donc a priori du dernier procès pour des « nuits bleues », terme désignant des séries d'attentats en Corse.

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