Attaque sanglante au couteau au coeur de Paris

Attaque sanglante au couteau au coeur de Paris
Rue Monsigny (Paris IIe), le 12 mai. Après l'attaque, de nombreuses forces de l'ordres et des équipes de secours ont convergé vers le quartier. Un périmètre de sécurité a été mis en place.

leparisien.fr, publié le dimanche 13 mai 2018 à 00h19

Un homme d'une vingtaine d'années, toujours non identifié samedi soir, a poignardé au hasard des passants dans un quartier touristique de Paris. Bilan, un mort et quatre blessés.

Un homme de 29 ans décédé, une femme et un autre homme grièvement blessés. Le bilan était ce samedi soir déjà lourd. Des passants ont été agressés au hasard par un homme muni d'une arme blanche dans le quartier de l'Opéra à Paris (IIe), secteur très fréquenté où les bars et les théâtres sont nombreux. Un lieu très prisé par les touristes aussi. Cette attaque aveugle dans la foule a également fait deux blessés légers et laissé six personnes en état de choc.

Selon les premiers témoignages, l'assaillant - abattu par les policiers - aurait crié «Allahou Akbar» par deux fois au moment des faits. A minuit, le procureur de la République de Paris François Molins a annoncé avoir saisi la section antiterroriste du parquet de Paris.

Ce mode opératoire, redouté par les services de renseignement, rappelle en tout cas d'autres attaques au couteau comme celle de la gare Saint-Charles à Marseille (Bouches-du-Rhône) le 1er octobre, où deux cousines avaient été égorgées par un terroriste islamistes, un Tunisien en situation irrégulière abattu par les soldats de l'opération Sentinelle. En juin 2017, c'était une attaque au marteau contre des policiers qui était survenue sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame. Le dernier attentat mortel à Paris est celui perpétré contre un car de policiers stationné sur les Champs-Elysées. Le capitaine Xavier Jugelé, 37 ans, avait été abattu par une arme de guerre.

Paris IIe, el 12 mai. L'enquête est en cours sur les lieux de l'attaque. /AFP/Geoffroy VAN DER HASSELT

«Tuez-moi ou je vous tue !»

Samedi soir, un homme a été mortellement frappé à la gorge par l'assaillant, sorti de la station de métro du Quatre-Septembre un peu avant 21 heures et qui d'emblée, après s'être débarrassé de son manteau, a sorti un couteau avant de frapper les passants entre les rues de Choiseul et Monsigny. e

Deux autres passants sont blessés grièvement, deux autres plus légèrement. L'assaillant a tambouriné aux portes des immeubles et des magasins comme s'il cherchait des victimes à frapper dans les entrées des commerces et les halls d'entrée.

Il a été poursuivi par des policiers depuis la place de l'Opéra. Des gardiens de la paix de l'unité de police-secours du IIIe arrondissement ont d'abord tenté de neutraliser le suspect en utilisant un pistolet Taser. Apparemment, l'homme a exulté et a fait front aux policiers qui espéraient toujours le capturer vivant. Le pistolet électrique n'est pas parvenu à neutraliser l'individu brun aux cheveux mi- longs et à la barbe à peine taillée. Selon plusieurs témoignages, l'agresseur est allé au-devant des policiers et a lancé « Tirez ! Tirez » et une autre formule menaçante « Tuez-moi ou je vous tue ! ». Un gardien de la paix a fait feu à deux reprises mais une seule balle aurait atteint l'agresseur au-dessus du cœur. Au cours de cette course-poursuite dans les rues du quartier, un policier a aussi été blessé très légèrement.

Un large périmètre de sécurité a été mis en place par les forces de l'ordre. /LE PARISIEN/OLIVIER CORSAN.

Ses empreintes digitales ont été relevées par les policiers

Le quartier a été bouclé aussitôt par les forces de police pour faciliter l'arrivée des secours sur place. Pompiers et Samu sont arrivés en force de toute la capitale. Samedi soir, l'assaillant, qui n'avait pas de papiers, n'était toujours pas identifié mais la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) était en alerte et tentait de mettre un nom sur son visage. Ses empreintes digitales ont été relevées par les policiers de la brigade criminelle et les moyens de reconnaissance faciale utilisés.

Une cellule psychologique a été mise en place à l'Hôtel-Dieu. La brigade criminelle a été saisie de l'enquête. Et l'hypothèse d'une attaque terroriste était en cours d'évaluation.

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