Attaque en Allemagne : ce que l'on sait de Jens R., le mystérieux conducteur

Attaque en Allemagne : ce que l'on sait de Jens R., le mystérieux conducteur

La police a mené une perquisition au domicile de Jens R., le conducteur, qui s'est suicidé dans sa camionnette, après avoir tué deux personnes et fait 20 blessés samedi à Münster, en Allemagne.

leparisien.fr, publié le dimanche 08 avril 2018 à 22h25

La police tente d'explorer toutes les pistes pour cerner les motivations du conducteur de la camionnette-bélier qui a fait deux morts samedi à Münster.

Le mystère restait entier dimanche sur les motivations du conducteur de la camionnette-bélier qui a foncé samedi sur une terrasse de café à Münster (Allemagne) faisant deux morts. Ces personnes étaient âgées de 51 et 65 ans. Une vingtaine d'autres ont blessées, dont une dizaine grièvement. Deux sont originaires des Pays-Bas voisins : une femme légèrement atteinte et une autre dans un état jugé «critique».

Jens R., un Allemand âgé de 48 ans « et non un réfugié ». Le conducteur du véhicule-bélier était « un Allemand et non un réfugié comme on le colporte partout », a précisé Herbert Reul, le ministre de l'Intérieur de la région de Münster. Après les faits, la police du Land de Rhénanie du Nord Westphalie n'avait cessé de mettre en garde contre les rumeurs. L'homme de 48 ans, identifié comme Jens R., était connu des services psychiatriques de la ville de Münster, où il avait sa résidence principale, et avait fait l'objet depuis 2014 de plaintes pour violences ou menaces venant principalement de sa famille. Selon une de ses voisines confie au Spiegel que le dessinateur industriel était tombé dans les escaliers et s'était gravement blessé. Depuis lors il avait changé, fortement changé, selon elle.

Il aurait menacé les siens de les attaquer à la hache. Selon la chaîne de télévision n-tv, l'homme a notamment par deux fois menacé des membres de sa famille, dont son père, de les attaquer à coups de hache. Selon plusieurs médias, il avait aussi envoyé fin mars et laissé dans un de ses appartements des lettres de plusieurs pages, d'où ressortent clairement ses intentions suicidaires.

Il accuse dans ces longues missives ses parents et les médecins de ses difficultés et y reconnaît aussi ses problèmes psychologiques, en parlant de « troubles du comportement » et de «phases agressives». « Fin mars un nouvel incident s'est produit lorsqu'il a annoncé à des connaissances par email son prochain suicide », a ajouté une source proche de l'enquête.

AFP/David Young

Un passé de petit délinquant. Selon les médias, l'homme, qui a eu un passé de petit délinquant et a commis des actes de violences, connaissait des difficultés professionnelles. « Nous avons de nombreux éléments montrant que la personnalité (de l'auteur), qui s'est distingué par des comportements étranges, se trouve au centre » de l'explication, a ajouté devant les journalistes le ministre de l'Intérieur de la région.

La camionnette de l'auteur de l'attaque a été emmenée par la police pour des expertises scientifiques. AFP/Marius Becker

Suicide meurtrier ou motifs politiques ? Cet homme a-t-il voulu se suicider en emportant avec lui d'autres personnes, comme l'avait fait avant lui Andreas Lubitz, le pilote allemand d'un vol de Germanwings qui avait précipité l'appareil dans les Alpes françaises il y a trois ans ? A-t-il agi pour des motifs politiques ?

« Nous n'avons jusqu'ici aucun élément sur de possibles motivations pour cet acte, l'enquête explore avec beaucoup d'intensité toutes les directions », a indiqué dimanche matin dans un communiqué le procureur de cette ville de 300.000 habitants. Jens R. entretenait aussi des liens avec les milieux d'extrême droite, selon la chaîne ZDF.

Des jerricans de «bio-éthanol» retrouvés chez lui. A son domicile de Münster, les enquêteurs ont retrouvé dimanche «plusieurs bouteilles de gaz ainsi que des jerricans de bio-éthanol », a indiqué la police. « Les investigations vont devoir déterminer pourquoi il entreposait ces substances chez lui », a-t-elle ajouté. Un fusil Kalachnikov désactivé aurait aussi été retrouvé.

La police a passé de nombreuses heures ensuite à sécuriser sa camionnette, où des fils de fer suspects étaient visibles, de crainte que s'y trouve un engin piégé. Au bout du compte elle n'a trouvé que l'arme du conducteur, un pistolet d'alarme et une dizaine de très gros feux d'artifice, dont la poudre peut servir à confectionner un explosif.

/LP/Infographie

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