Attaque de Liège : l'assaillant suspecté d'un meurtre la nuit précédente

Attaque de Liège : l'assaillant suspecté d'un meurtre la nuit précédente
Un policier sur les lieux de l'attaque, à Liège, mardi.

leparisien.fr, publié le mercredi 30 mai 2018 à 16h33

Les enquêteurs belges tentent de cerner le profil et les motivations de Benjamin Herman, un délinquant multirécidiviste radicalisé, abattu après avoir tué trois personnes dont deux policières à Liège.

Après l'attaque qui a coûté la vie à trois personnes, mardi, dans une rue de Liège (Belgique), les enquêteurs belges tentent de cerner le profil de l'assaillant, abattu par la police après un acte qualifiée de « terroriste » par la justice.

L'enquête a été confiée à un juge d'instruction antiterroriste, et le parquet fédéral a confirmé ce mercredi que le suspect faisait l'objet d'une « enquête distincte » concernant un autre meurtre survenu dans la nuit de lundi à mardi.

La qualification terroriste retenue. « Les faits sont qualifiés d'assassinats terroristes » a notamment communiqué le parquet en fin de matinée. Une décision motivée par un « modus operandi encouragé par l'Etat islamique », des « cibles policères », le fait que l'assaillant ait crié « allah Akbar » et les informations sur le profil du suspect, « en contact avec des personnes radicalisées ».

Le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, s'était montré dans la matinée plus prudent quant à la qualification terroriste de l'attaque. « Il y a beaucoup de signaux sur ce plan-là. On a nommé un enquêteur, un juge d'instruction pour pouvoir justement répondre à cette question-là. Donc avant de prendre position, je veux attendre les résultats de cette enquête », a-t-il déclaré mercredi à la radio Bel RTL. « Il y a des signaux qu'il y a eu radicalisation dans la prison mais est-ce que cette radicalisation a mené à ces actions ? Là aussi on peut se poser beaucoup de questions, mais on doit attendre le résultat de l'enquête », a ajouté le ministre belge.

Le fil des événements de plus en plus précis. La fusillade s'est produite vers 10h30 sur le boulevard Avroy, une grande artère de la ville. L'assaillant a d'abord porté de multiples coups de couteau aux deux policières agressées par l'arrière, avant de s'emparer de leurs armes de service pour les abattre. Il est ensuite entré à plusieurs reprises dans un café sans faire de victimes - les clients avaient pu se cacher grâce à la « prévenance du gérant » selon le parquet - avant de tirer à plusieurs reprises sur le passager d'une voiture garée à proximité, tuant un étudiant de 22 ans, mort sur le coup. Il a ensuite brièvement pris en otage une employée d'un groupe scolaire voisin, avant de sortir et de faire face aux unités spéciales qui l'ont abattu au cours d'un « échange de tirs ». Aucun élève n'a été blessé.

L'échange de tirs filmé. Dans une vidéo amateur diffusée par la RTBF, on l'entend crier « Allahou akbar » (« Dieu est grand ») en marchant dans la rue. Et l'auteure des images lui répond « Fous-moi le camp » en l'insultant. Dans une autre vidéo amateur, le tireur semble pousser ce même cri en s'en prenant aux policiers. S'ensuit une courte et intense fusillade, à l'issue de laquelle l'homme s'effondre au sol. Des images diffusées par la chaîne privée RTL l'ont montré étendu sur un trottoir, habillé de noir, avec des baskets blanches, face contre terre. Lors de l'échange de tirs, quatre policiers ont été blessés aux bras et aux jambes. L'un d'eux a été atteint à l'artère fémorale.

Un détenu en permission de sortie. L'assaillant, identifié comme Benjamin Herman, un Belge né en 1987 -et non 1982, à Rochefort, était incarcéré depuis 2003 mais en permission de sortie lorsqu'il est passé à l'acte mardi. Selon une source proche de l'enquête jointe par l'AFP, Benjamin Herman était fiché par la police pour avoir été en contact, lors d'un séjour à la prison de Lantin, dans l'est de la Belgique, avec un détenu islamiste, et s'être radicalisé. Décrit comme un délinquant plusieurs fois condamné pour vols, coups et blessures ou trafic de stupéfiants, il avait déjà bénéficié d'une vingtaine de congés pénitentiaires qui s'étaient bien déroulés, d'après le ministre belge de la Justice Koen Geens, cité par l'agence de presse Belga.

Une « fuite en avant » après un autre meurtre ? Le parquet a confirmé ce mercredi que Benjamin Herman était suspecté d'un autre meurtre, dans la nuit précédent l'attaque, survenu à On, près de Marche-en Famenne, où se situe la prison dans laquelle il était détenu. Selon les médias locaux, un toxicomane de 30 ans a été retrouvé mort dans la nuit de lundi à mardi. Le parquet a précisé qu'il s'agissait toutefois d'une enquête « distincte ».

Le niveau d'alerte maintenu. Consulté mardi, l'Ocam, l'organisme chargé d'évaluer la menace terroriste en Belgique, a décidé de maintenir inchangé le niveau 2 correspondant à une menace jugée « peu vraisemblable ». Le niveau qui était fixé depuis trois ans à 3 (menace « possible et vraisemblable ») -- voire ponctuellement 4 (menace « imminente ») -- avait été abaissé en janvier.

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