Assises de l'Isère: 20 et 12 ans de réclusion requis contre le couple salafiste

Assises de l'Isère: 20 et 12 ans de réclusion requis contre le couple salafiste
Dans le procès du couple salafiste accusé d'avoir causé la mort de sa fille de quinze mois en 2017, l'avocate générale a demandé à la cour d'assises de l'Isère de condamner le père à vingt ans et la mère à douze ans de ...

, publié le mercredi 13 novembre 2019 à 15h50

Dans le procès du couple salafiste accusé d'avoir causé la mort de sa fille de quinze mois en 2017, l'avocate générale a demandé mercredi à la cour d'assises de l'Isère de condamner le père à vingt ans et la mère à douze ans de réclusion criminelle.

"Vous l'aimez votre enfant, ce n'est pas contesté. Mais votre enfant est devenu un objet entre vos mains", a soutenu Gisèle Auguste. Dans un réquisitoire d'une heure et demie, la magistrate a considéré que la privation de soins était constituée pour les deux parents, ainsi que les faits de violences "à des degrés divers" contre la petite Hafsa Bernoui. 

"Les deux parents ont contribué à l'état de cette enfant jusqu'à son décès" le 1er mars 2017, causé par une péritonite et un syndrome du bébé secoué.

Fustigeant "l'immaturité totale, l'irresponsabilité globale et complète" des deux accusés, elle a vu chez eux "une sorte de fuite en avant". "L'image que vous donnez (face aux services sociaux notamment, ndlr) n'est pas conforme à votre vie. Rien est normal dans votre façon de vivre", a-t-elle asséné à ce couple, qui s'était coupé du monde.

Selon elle, Sami Bernoui et Noémie Villard avaient "parfaitement conscience" de la violence commise et de la dégradation de la santé du bébé. "Et vous ne faites rien".

La représentante du ministère public a reconnu aussi, dès le début de son réquisitoire, que la justice aurait pu mieux agir : le signalement au procureur de Grenoble en janvier 2016 aurait dû être suivi par l'ouverture d'une information judiciaire, "préférable au classement sans suite" décidé alors que huit fractures costales avaient été décelées par le CHU de Grenoble quand la petite fille avait été hospitalisée à l'âge de deux mois. 

En juin 2016, la justice avait considéré les faits de violences "insuffisamment caractérisés", empêchant de ce fait tout procès devant le tribunal correctionnel. "C'était un mauvais choix, on peut le dire aujourd'hui. Il a manqué un regard croisé", a-t-elle admis.

En plus des peines de prison, Mme Auguste a demandé le retrait de l'autorité parentale des deux parents, en protection du petit frère d'Hafsa Bernoui, en famille d'accueil depuis la mort de sa sœur aînée. 

Accusés de violences volontaires ayant entraîné la mort de leur bébé sans intention de la donner, violences volontaires et habituelles et privation de soins, Sami Bernoui, 26 ans, et Noémie Villard, 22 ans, encourent 30 ans de réclusion criminelle.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.