Après 7 ans de cavale, David Gras, jugé pour une série de braquages

Après 7 ans de cavale, David Gras, jugé pour une série de braquages
David Gras, 48 ans, ancien "punk" soupçonné d'avoir participé à plusieurs braquages dont l'un avait fait un mort, est jugé à partir de vendredi devant la cour d'assises du Nord

AFP, publié le mercredi 19 juin 2019 à 16h36

Il a été pendant sept ans l'un des braqueurs les plus recherchés d'Europe: David Gras, 48 ans, ancien "punk" soupçonné d'avoir participé à plusieurs braquages dont l'un avait fait un mort, est jugé à partir de vendredi devant la cour d'assises du Nord.

David Gras, "l'un des criminels les plus recherchés d'Europe s'est livré à la justice à Douai", avait annoncé sur Twitter la police nationale le 2 août 2018. Gras, recherché depuis 2011, s'était en effet présenté de lui-même, ce matin d'août, au greffe de la cour d'assises du Nord pour se constituer prisonnier.

Deux ans auparavant, le 8 juillet 2016, il avait été condamné par contumace par cette même cour à 25 ans de réclusion criminelle à l'issue d'un procès fleuve de plus d'un mois, où 19 personnes avaient été jugées.

Parmi elles, son complice présumé Serge Veron, le "cerveau", condamné à 18 ans de réclusion. Les deux hommes sont accusés d'être les principaux protagonistes de plusieurs braquages, y compris à l'explosif, dont celui d'Orly, qui avait fait un mort. 

Celui-ci avait eu lieu en septembre 2011 : des assaillants avaient attaqué tôt le matin à l'explosif la société de transport de fonds Témis et avaient emporté un butin de plus de 8,2 millions d'euros. Le convoyeur avait été tué, un passant brièvement pris en otage et les braqueurs avaient tiré sur la police pour couvrir leur fuite.

L'autre braquage à l'explosif concerné par ce procès visait un dépôt de fonds de la société Loomis par cinq hommes à Villers-Semeuse (Ardennes), le 16 juin 2011, pour un butin de 1,5 million d'euros.

Lors de ce nouveau procès programmé jusqu'au 5 juillet, David Gras sera également jugé pour des tentatives manquées, notamment à Beaumont (Puy-de-Dôme), où les malfaiteurs avaient essayé d'attaquer le centre-fort de la Brink's. 

- "En pénitence" -

Le "niveau de compétence" nécessaire pour ce type d'attaques "sophistiquées" impose une "équipe restreinte et formée des mêmes membres qui gardent les mêmes rôles", avait souligné l'avocat général, Eric Bedos, lors de ses réquisitions de près de dix heures.

Et, selon les policiers, Serge Veron aurait constitué une partie de la bande en prison et été rejoint par des plus jeunes, issus des cités sensibles de la Seine-Saint-Denis, notamment de Bobigny.

Pour l'avocat de David Gras, Me Jérôme Goudard, il s'agit plutôt "d'équipes à tiroirs" constituées "de personnes qui ne se connaissent pas forcément", même si, il l'admet, son client connaît bien Serge Veron rencontré à Fleury-Mérogis où Gras était incarcéré pour un "braquage de bijouterie".

"Ils se connaissaient, ils s'appréciaient... Mais on nous le placarde aujourd'hui comme un bandit de grand chemin alors qu'il n'y a aucun passé de grand banditisme chez David Gras", martèle Me Goudard, décrivant plutôt un "marginal", "ancien punk", qui a grandi à Nevers dans un milieu "extrêmement modeste".

Lors de sa cavale, à "aucun moment", les forces de l'ordre "n'ont été en mesure de toucher du doigt l'endroit où il pouvait se trouver, c'est lui qui a décidé, alors qu'il avait une peine de 25 ans au-dessus de sa tête, de se rendre", souligne-t-il. 

D'après lui, l'accusé s'est rendu pour "plusieurs raisons", notamment "spirituelles", qu'il devrait exposer à l'audience: "il est entré en religion de manière extrêmement pieuse, c'était un devoir pour lui de se rendre. Il est en pénitence et veut répondre des accusations dont il fait l'objet".

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