Appel à "rentrer" dans l'Élysée : le "gilet jaune" Éric Drouet visé par une enquête

Appel à "rentrer" dans l'Élysée : le "gilet jaune" Éric Drouet visé par une enquête
Éric Drouet (à droite) et Priscilla Ludosky à Paris, le 27 novembre 2018.
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Orange avec AFP, publié le vendredi 07 décembre 2018 à 15h55

Sur Facebook, il a indiqué que des perquisitions avaient été menées chez lui, mais qu'il ne s'y trouvait pas au moment où la police s'est présentée.

Il avait assuré, jeudi soir, en direct sur BFMTV, qu'il voulait "rentrer" dans l'Élysée, à l'occasion de la manifestation des "gilets jaunes", samedi. L'un des initiateurs du mouvement et désormais habitué des plateaux télévisés, Éric Drouet, est visé par une enquête pour "provocation à la commission d'un crime ou d'un délit" et "organisation d'une manifestation illicite", a-t-on appris vendredi 7 décembre auprès du parquet de Paris.


Selon cette source, qui confirmait une information de BFMTV, le parquet a été destinataire jeudi d'un signalement du préfet de police de Paris visant des propos de M.

Drouet tenus la veille sur la chaîne d'informations en continu. Le "gilet jaune" sera entendu dans le cadre de ces investigations et devra "préciser la portée des propos qu'il a tenus", a indiqué une source proche de l'enquête. Alors qu'on lui demandait dans une interview diffusée mercredi soir sur BFMTV ce qu'il comptait faire samedi une fois devant l'Élysée, il avait répondu "on rentre dedans".

"Salut à tous, je ne suis pas en garde à vue, mais je devais y être, si j'étais chez moi. Mais perquisition et là, ma femme a été auditionnée. Ils m'attendent demain matin pour moi", a écrit Éric Drouet sur sa page Facebook.


Dans une vidéo postée jeudi sur Facebook, M. Drouet s'est défendu d'avoir appelé à commettre des violences. "Je vois tout ce qui se dit comme quoi je serais un anarchiste, je voudrais remettre les choses au clair", y déclarait-il. "J'ai jamais dit que je voulais aller à l'Élysée pour tout casser mais pour se faire entendre. Les seuls interlocuteurs qu'on a, ce sont des ministres, le Premier ministre ou des secrétaires d'État mais jamais le président. Donc c'était plutôt pour le symbole", expliquait-il.

À la veille de l'"acte IV" du mouvement des "gilets jaunes", l'alerte maximale est décrétée en France. Le gouvernement a décidé de déployer un dispositif "exceptionnel", avec 89.000 membres des forces de l'ordre mobilisés dans toute le pays, dont 8.000 à Paris, pour tenter d'éviter les mêmes scènes d'émeutes que le samedi 1er décembre.

Le procureur de Paris, Rémy Heitz, a annoncé vendredi avoir pris des réquisitions afin de permettre aux policiers d'interpeller samedi des personnes venues "en découdre avec les forces de l'ordre". "Notre devoir, c'est d'adapter notre réponse pour faire en sorte qu'elle fasse reculer le sentiment d'impunité et que justice passe", a-t-il estimé sur RTL.

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