Alain Soral condamné à 18 mois ferme pour un clip de rap antisémite

Alain Soral condamné à 18 mois ferme pour un clip de rap antisémite
Alain Soral à son arrivée au tribunal à Paris, le 12 mars 2015

AFP, publié le jeudi 19 septembre 2019 à 19h22

L'essayiste d'extrême droite Alain Soral a été condamné à 24 mois de prison, dont 18 mois ferme, par le tribunal correctionnel de Bobigny pour avoir diffusé en ligne un clip de rap antisémite où des portraits de personnalités étaient brûlés, a-t-on appris jeudi auprès du parquet. 

Alain Bonnet, de son vrai nom, devra également s'acquitter d'une amende de 45.000 euros. Il était poursuivi pour provocation à la haine raciale et injure publique aggravée. 

Le 15 avril dernier, l'essayiste, déjà condamné maintes fois, avait déjà écopé d'un an ferme pour négationnisme dans une autre affaire. Le tribunal correctionnel de Paris avait alors ordonné un mandat d'arrêt contre lui, que le parquet avait refusé d'exécuter, estimant qu'il n'avait pas de base légale.

Dans l'affaire jugée à Bobigny, le parquet avait requis deux ans de prison ferme contre l'essayiste, qui avait publié sur son site "Egalité et Réconciliation" un clip intitulé "Gilets jaunes" dans lequel une pancarte contenant le nom de Rothschild était jetée au feu. Des photos de Bernard-Henri Lévy, Jacques Attali ou encore Patrick Drahi étaient aussi envoyées au bûcher.

Dans ce clip, le rappeur appelait à "virer" Rothschild, Attali et BHL, les qualifiant de "parasites".

Cette condamnation intervient à la suite d'une citation directe d'un collectif d'associations comprenant l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), SOS Racisme, la Licra, J'accuse, le MRAP et la LDH.

"Cette décision importante marque légitimement la fin de l'impunité dont bénéficie, de fait,  Alain Soral, multirécidiviste de la haine, impliqué par le passé dans 57 procédures pour les mêmes infractions contre ses cibles habituelles", ont réagi les associations dans un communiqué. 

Le tribunal a également demandé à Alain Soral de supprimer le clip de son site, sous astreinte de 1.000 euros d'amende par jour de retard.

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