Agression d'un couple de policiers en Seine-et-Marne: un suspect interpellé

Agression d'un couple de policiers en Seine-et-Marne: un suspect interpellé
Carte de localisation d'Othis en Seine et Marne où un couple de policiers a été agressé mercredi soir hors de leur service, devant leur fillette de 3 ans par 2 hommes

AFP, publié le vendredi 06 juillet 2018 à 15h11

Un homme de 27 ans a été arrêté et placé en garde à vue vendredi matin pour l'agression d'un couple de policiers en dehors de leur service à Othis (Seine-et-Marne) mercredi soir, qui a déclenché une vague d'indignation dans la classe politique.

Le jeune homme a été interpellé en Seine-et-Marne, a précisé une source proche de l'enquête, tandis qu'un deuxième agresseur, identifié, est toujours recherché.

Après la révélation de l'affaire jeudi en fin de journée, le président de la République avait rapidement condamné cette agression. "Pas de mots assez durs pour l'ignominie et la lâcheté des deux voyous qui ont agressé (...) un couple de policiers en dehors de leur service sous les yeux de leur petite fille. Ils seront retrouvés et punis", avait affirmé Emmanuel Macron sur Twitter.

Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, s'était ensuite lui aussi rapidement indigné d'une "lâche agression" et d'un "acte ignoble qui ne restera pas impuni".

Mercredi vers 21H00, le couple de policiers -une brigadière de 35 ans en poste à Aulnay-sous-Bois et son compagnon, 31 ans, également policier en Seine-Saint-Denis- sortent de chez des amis, à Othis (Seine-et-Marne), chez qui ils viennent de dîner à leur retour de vacances, selon une source syndicale.

Alors qu'ils installent leur fille de 3 ans dans la voiture, deux hommes à bord d'un véhicule les interpellent et commencent à injurier la jeune femme, a relaté à l'AFP une source policière.

"Ils les ont croisés par hasard et ils ont reconnu la policière qui les avait contrôlés à Aulnay-sous-Bois", selon cette même source.

Les agresseurs descendent alors de voiture et donnent un coup de poing au visage de la jeune femme, qui a le bras en attelle depuis un accident du travail. Ils s'attaquent ensuite à son compagnon, qui, tombé au sol, reçoit plusieurs coups de pied.

La policière s'est vu prescrire quatre jours d'interruption totale de travail, son compagnon quinze.

- Indignation -

Les deux hommes ont été reconnus par la femme, a ajouté la source policière. L'un, connu notamment pour des faits de détention de stupéfiants, avait été contrôlé par la brigadière quelques semaines plus tôt, selon une source proche de l'enquête.

Pour Grégory Goupil, du Syndicat Alliance Police 93, "on s'attaque encore une fois à des policiers de manière préméditée et ciblée". "Il faut des peines exemplaires", a-t-il réclamé.

La classe politique s'est également élevée contre l'agression du couple.

"Un acte terrifiant et révoltant" menés par des "barbares", a estimé Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, en s'en prenant également au chef de l'Etat: "M. Macron les mots durs sont inutiles quand les actes sont faibles. Qu'avez-vous fait pour protéger nos policiers ? La com', ça suffit !" 

La présidente du Rassemblement national (ex-FN) a, elle, estimé que "la Nation a le devoir de protéger nos policiers et leurs familles". "Le gouvernement doit cesser de regarder ailleurs", a-t-elle tweeté.

"Épouvantable et abominable", a déploré Benoît Hamon, fondateur du mouvement Générations: "J'espère qu'ils (les agresseurs) vont être attrapés et punis". "Ça en dit long sur la dégradation de la relation entre la police et la population, même si ces deux types n'ont rien de représentatif de la population, et aussi sur les conditions de travail des policiers", a-t-il estimé sur BFMTV. "C'est une situation qu'il faut regarder de près (plutôt) que de faire des grandes déclarations."

Pour Bruno Beschizza, maire LR d'Aulnay-sous-Bois, où la policière officie, cette agression "rappelle les risques que prennent chaque jour les policiers sur le terrain, non seulement lorsqu'ils sont en service, mais aussi en dehors".

L'enquête, ouverte pour violences aggravées sur personnes dépositaires de l'autorité publique, a été confiée à la police judiciaire de Meaux.  

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