Affaire Mia: Rémy Daillet en route vers Nancy pour être présenté aux juges

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Vue du squat où la petite Mia et sa mère ont été retrouvées, le 18 avril 2021 à Saint-Croix, en Suisse
Vue du squat où la petite Mia et sa mère ont été retrouvées, le 18 avril 2021 à Saint-Croix, en Suisse
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© AFP, Fabrice COFFRINI

publié le mercredi 16 juin 2021 à 18h22

Rémy Daillet, une figure des milieux complotistes expulsée par la Malaisie et arrivée mercredi matin en France, est en route pour Nancy où il devrait être être mis en examen, soupçonné d'être impliqué dans l'enlèvement de la petite Mia en avril dans les Vosges.

L'avion à bord duquel se trouvait M. Daillet, avec sa famille, a atterri à Roissy peu après 06H00 locales en provenance de Singapour, a indiqué une source aéroportuaire.

"Je vous informe que Monsieur Daillet-Wiedemann est bien arrivé à l'aéroport de Roissy où le mandat d'arrêt délivré à son encontre lui a été notifié", a indiqué le procureur de la République de Nancy, François Pérain, dans un communiqué.

"Il a été soumis à un examen médical qui a conclu à l'absence de difficulté. Les juges d'instruction ont décidé que M. Daillet-Wiedemann devait leur être présenté immédiatement au tribunal judiciaire de Nancy", a poursuivi le procureur.

Rémy Daillet est ainsi attendu, selon lui, à Nancy en milieu de journée où il sera interrogé dans l'après-midi par les magistrats instructeurs en charge de ce dossier. Le procureur de Nancy envisage de s'exprimer dans la foulée.

L'avocat de Rémy Daillet et de sa famille, Me Jean-Christophe Basson-Larbi, était présent à Roissy, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Je n'ai pas encore pu rencontrer M. Daillet", a-t-il déclaré. "J'espère qu'avec leur arrivée sur le sol français, la présomption d'innocence reprendra ses droits mais aujourd'hui je constate qu'il est préjugé coupable, qu'il est désigné comme une sorte d'ennemi public numéro un et qu'on en fait beaucoup trop sur cette affaire".

"J'espère qu'en ayant accès au dossier, en discutant avec mon client et en apportant notre défense auprès du magistrat instructeur, que nous pourrons préserver sa liberté mais j'ai peu d'espoir", a-t-il enchaîné.

- Mouvance anti-système -

Rémy Daillet, ancien cadre du Modem, dont il a été exclu en 2010, faisait l'objet d'un mandat d'arrêt international émis dans le cadre de l'enquête sur l'enlèvement de la petite Mia, 8 ans, perpétré à la mi-avril dans les Vosges.

L'enfant avait été retrouvée quelques jours plus tard en Suisse avec sa mère qui n'en avait plus la garde.

Le Français de 54 ans est soupçonné, selon le procureur de Nancy, d'être l'"animateur" présumé de la "mouvance" anti-système des ravisseurs à l'origine du rapt.

Sa famille et lui-même ont été arrêtés fin mai sur l'île touristique malaisienne de Langkawi. Leurs visas ayant expiré, la Malaisie a procédé à leur expulsion vers la France.

Mais celle-ci a été interrompue dimanche lors de leur escale à Singapour, où la compagne de Rémy Daillet, Léonie Bardet, enceinte, a été brièvement hospitalisée. La procédure d'expulsion a ensuite pu reprendre et la famille a pris l'avion mardi soir en direction de Paris.

- Education à la maison -

La petite Mia, âgée de 8 ans, résidait chez sa grand-mère quand elle avait été enlevée par ruse le 13 avril, par plusieurs hommes, à la demande de la mère de l'enfant, qui n'avait plus le droit de la voir seule.

La mère et la fillette avaient été retrouvées cinq jours plus tard en Suisse, dans un squat de la commune de Sainte-Croix.

Dans une vidéo mise en ligne après l'enlèvement, Rémy Daillet avait tenté de se justifier. Sans évoquer nommément Mia, il réfutait le terme d'enlèvement.

Dans d'autres vidéos plus anciennes, il soutenait l'idée d'un coup d'Etat populaire et se disait opposé aux impôts, aux vaccins, aux masques ou à la 5G. Celui qui est déjà père de sept enfants d'un premier mariage prônait par ailleurs l'éducation par les parents à la maison.

Dans cette affaire, dix personnes au total, dont la mère de la fillette, ont déjà été mises en examen et sept d'entre elles ont été placées en détention provisoire.

La justice s'interroge aussi sur le rôle de Rémy Daillet dans une autre affaire, celle d'un couple qui vivait en vase clos dans le Doubs et s'était retranché à son domicile en novembre, refusant de confier ses quatre enfants aux assistantes sociales comme le demandait un juge.

C'est au contact d'un certain "Rémy, vivant en Malaisie, ancien membre du Modem", que le couple aurait décidé de déscolariser ses enfants puis de se couper du monde.

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