Affaire Kulik: le principal suspect renvoyé aux assises pour viol et meurtre

Affaire Kulik: le principal suspect renvoyé aux assises pour viol et meurtre

Jacky Kulik, père d'Elodie, en février 2018

AFP, publié le vendredi 13 avril 2018 à 13h16

La chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Amiens a confirmé vendredi le renvoi devant les assises de Willy Bardon, principal suspect dans l'affaire du viol et du meurtre d'Élodie Kulik en 2002, a-t-on appris auprès du parquet général.

Willy Bardon sera poursuivi pour enlèvement, séquestration, viol et meurtre, a affirmé le parquet général. 

La lettre anonyme qui avait entraîné début mars le report de cette décision ne sera finalement pas exploitée. Dans ce courrier, l'auteur entendait qu'une gérante de bar avait des informations sur l'affaire.

"C'est la consécration de seize ans d'efforts à savoir le renvoi du seul suspect survivant devant la cour d'assises. Il y aura donc un procès, mon client est content et soulagé, c'est ce qu'il espérait depuis des mois et des années", s'est félicité auprès de l'AFP Me Didier Robiquet, l'avocat du père de la victime, Jacky Kulik.

Mis en examen et incarcéré en 2013, Willy Bardon est sorti de prison en avril 2014 mais sous surveillance électronique. Il est le seul mis en examen dans cette affaire. 

Ses avocats, Me Stéphane Daquo et Me Grégoire Lafarge, avaient fait appel de la décision du juge d'instruction du renvoi devant la cour d'assises en avril 2017. Ils ont cinq jours pour se pourvoir en cassation.

Alors âgée de 24 ans, Élodie Kulik, directrice d'une agence bancaire à Péronne (Somme), avait été violée puis étouffée en janvier 2002 et son corps avait été retrouvé en partie calciné dans un champ à quelques kilomètres de là, à Tertry.

Avant d'être tuée, la jeune femme avait eu le temps d'appeler avec son téléphone portable les pompiers qui avaient distingué, derrière la voix de la victime, au moins deux voix d'homme avec un fort accent picard.

Un préservatif et un mégot avaient été retrouvés près du corps de la victime, permettant le relevé de deux empreintes ADN. Mais malgré plusieurs milliers d'expertises ADN, les enquêteurs n'avaient à l'époque pas réussi à identifier de suspect.

Dix ans plus tard, en 2012, l'enquête avait connu un tournant avec l'identification par recoupement d'ADN d'un suspect, Grégory Wiart, mort dans un accident de voiture quelques mois après le meurtre. Willy Bardon était l'un de ses amis.

La voix de ce dernier avait été reconnue sur l'enregistrement de l'appel d'Élodie Kulik aux pompiers par l'ancienne compagne de Grégory Wiart et par cinq des six hommes placés en garde à vue en même temps que lui en janvier 2013. 

L'enquête avait été clôturée en février 2016 à l'issue de 14 ans d'investigations. 

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