Affaire Guillaume Seznec : ses petits-enfants dévoilent enfin la clef du mystère

Affaire Guillaume Seznec : ses petits-enfants dévoilent enfin la clef du mystère
Gabriel et Jean-Yves Seznec, petits-fils de Guillaume Seznec, révèlent pour la première fois les circonstances de la mort du conseiller général du Finistère Pierre Quémeneur en 1923.

leparisien.fr, publié le dimanche 06 mai 2018 à 16h39

C'est peut-être le dénouement de presque cent ans de conjectures autour du meurtre de Pierre Quémeneur, conseiller général du Finistère, en 1923.

L'affaire Seznec passionne la France depuis 95 ans et a peut-être enfin trouvé son dénouement. En résumé, c'est une affaire criminelle dans laquelle le breton Guillaume Seznec est reconnu coupable, en 1924, du meurtre de Pierre Quéméneur, conseiller général du Finistère. Ce dernier disparaît durant un voyage d'affaires effectué en 1923 entre la Bretagne et Paris avec Seznec, voyage lié, selon ce dernier, à la vente à l'Union soviétique de voitures Cadillac rétrocédées à la France par l'armée américaine. Seznec est condamné aux travaux forcés à perpétuité et sera libéré par anticipation en 1947. 9 demandes de révisions de cette affaire ont toutes échoué.

Mais voilà, le Télégramme et France 2, révèlent ce dimanche que cette version de l'histoire n'a servi qu'à cacher un secret de famille inavoué. En réalité, Guillaume Seznec n'aurait jamais tué son compagnon d'affaires. C'est son épouse, Marie-Jeanne Seznec, qui aurait accidentellement provoqué la mort de ce dernier, à Morlaix, en repoussant ses avances déplacées.

Gabriel et Jean-Yves Seznec, petits-fils de Guillaume Seznec, ont accepté de témoigner pour la première fois sur les réelles les circonstances de la mort du conseiller général du Finistère. Les deux petits-fils de Guillaume livrent le secret que leur père Guy Seznec leur a transmis sur son lit de mort.

« C'était un dimanche, (d'après Guy Seznec, leur père) le jeune enfant qu'il était jouait dehors dans la cour et il a entendu sa mère crier, se débattre. Elle se faisait agresser en gros. En allant à la fenêtre, il a vu Quémeneur par terre, allongé, recroquevillé. La bonne aussi était là. Et Quémeneur était mort » témoigne Gabriel au magazine de France 2 « 19h le dimanche ».

« C'est un homicide involontaire finalement »

« La grand-mère s'est défendue, elle a eu un geste de défense, raconte aussi son frère Jean-Yves. Notre père n'a pas vu tomber Quémeneur, mais il était par terre quand il a regardé par la fenêtre. Cela a duré quelques secondes entre le moment où sa mère a crié et celui où il a regardé à la fenêtre. »

« Sa mère lui a dit qu'elle avait levé la main parce que Quémeneur l'avait agressée un peu, enfin, tripotée... Et il ne s'est jamais relevé. » ajoute Gabriel Seznec. « Ils n'ont pas voulu sa mort, c'est un homicide involontaire finalement » conclut Jean-Yves Seznec. Mais les deux frères ont précisé au Télégramme que cette version reste « incomplète » à leurs yeux.

Ces témoignages viennent valider une version des événements déjà relatée par Denis Langlois, l'ancien avocat d'une partie de la famille Seznec, dans un livre publié en mai 2015 « Pour en finir avec l'affaire Seznec » (éditions de la Différence). Une vraie victoire pour celui qui a consacré une bonne partie de sa vie à résoudre ce « mystère ». Récemment, des fouilles, basée sur la théorie du « meurtre involontaire », visant à retrouver le corps de Pierre Quémeneur, sur le terrain de la maison familiale à Morlaix, avait remis l'affaire sous les feux de l'actualité.

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