Adolescente tuée par un train : la SNCF condamnée en appel à Caen

Adolescente tuée par un train : la SNCF condamnée en appel à Caen
En juillet 2010, Justine avait été fauchée par un train dans la petite gare d'Audrieu en Normandie

leparisien.fr, publié le vendredi 27 avril 2018 à 11h51

La Cour d'appel reconnaît la responsabilité de la compagnie pour homicide involontaire après la mort d'une jeune fille qui avait été fauchée par un train en traversant la voie.

La SNCF a été condamnée en appel, ce vendredi, à Caen (Calvados), à une amende de 50 000 euros pour homicide involontaire après la mort d'une jeune fille en 2010. Celle-ci, âgée de 17 ans, avait été tuée par un train alors qu'elle traversait une voie sur un passage aménagé dans la gare normande d'Audrieu.

Cette décision infirme le jugement du tribunal correctionnel de Caen qui avait pénalement relaxé la SNCF, le 7 février 2017.

La cour a également condamné SNCF Mobilités sur le plan civil à payer 140 000 euros de dédommagement à la famille de la jeune fille. En première instance, la SNCF avait été condamnée au civil à payer 103 000 euros de dédommagement à la famille.

Un panneau unique et trop petit pour le danger

Le 2 juillet 2010, l'adolescente qui vient de décrocher son bac descend du train avec son vélo dans la petite gare d'Audrieu. Après avoir patienté sur le quai, le temps que son train quitte la halte ferroviaire, elle traverse le passage aménagé marqué au sol par des planches de bois pour rejoindre son ami qui l'attend de l'autre côté des voies. Un train qui arrive en sens inverse à plus de 150 km/h va alors la faucher.

Lors de l'audience en appel, SNCF Mobilités avait plaidé la relaxe. La société avait reconnu des « torts » : un seul panneau signalait le danger que représentait le croisement de train, alors que la réglementation en prévoyait deux, et ce panneau était un peu plus petit qu'exigé.

Pour l'avocat des parties civiles, « cette halte était de notoriété publique dangereuse ». Plusieurs usagers avaient donné l'alerte. Depuis cet accident, une passerelle a été construite.

Contrairement au jugement de première instance, la Cour d'appel a retenu le lien de causalité entre ce défaut de signalisation et l'accident pour condamner la SNCF.

« Mon combat n'est pas financier. Il est en mémoire de ma fille et de tous les autres qui se font aussi faucher, Nicolas à Lille, Laurine en Ile-de-France. Il n'y a pas que Justine. Ça continue », a réagi Sandrine Collette, la mère de la victime, après l'énoncé de l'arrêt.

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