Accusé d'avoir maquillé l'assassinat de sa femme, un homme rejugé en appel

Accusé d'avoir maquillé l'assassinat de sa femme, un homme rejugé en appel
Accusé d'avoir maquillé l'assassinat de sa femme en se tirant une balle dans le dos, un homme comparaît en appel

AFP, publié le lundi 25 juin 2018 à 13h27

Drame fortuit ou "stratagème" criminel? Accusé d'avoir maquillé l'assassinat de sa femme en se tirant une balle dans le dos, un homme comparaît en appel à partir de mardi aux assises de Nanterre.

En septembre 2016, la justice avait condamné François Darcy à 30 ans de réclusion criminelle, ne donnant pas foi à sa version de la soirée du 26 février 2012 sur un parking forestier des Yvelines.

Selon le récit de cet homme âgé aujourd'hui de 51 ans, il rentrait en voiture ce soir-là à l'hôtel avec sa femme, âgée de 48 ans, après un dîner au restaurant quand, pris d'une envie pressante, il s'était engagé sur un chemin à travers les arbres à Saint-Lambert-des-Bois.

Au bout, un parking: il se gare et, debout dans la nuit, ressent une intense douleur dans le dos. Il aperçoit un tireur, panique, se cache et perd connaissance. A son réveil, affirme-t-il, il découvre la voiture en flammes avec sa femme à l'intérieur.

L'homme appelle les secours et est hospitalisé mais, rapidement, les enquêteurs relèvent des incohérences, notamment un bornage téléphonique montrant que le couple est arrivé sur les lieux une heure avant l'appel du mari.

Selon l'accusation, ce dernier, qui pratiquait le tir sportif, a en réalité mis en place un "stratagème très élaboré" en s'infligeant lui-même une blessure à l'épaule avec une carabine à canon scié, dans le but de dissimuler son crime.

Le soir des faits, le couple - lui, consultant en informatique; sa femme Sylvie Darcy, cadre supérieure dans les télécoms - avait fêté ses 10 ans de mariage, s'offrant un week-end à deux après avoir confié ses deux enfants à la famille.

Mais des témoignages font état de tensions entre eux et, pour l'accusation, l'hypothèse d'une séparation ou d'un mobile financier pourrait avoir motivé le crime, la victime ayant souscrit une assurance-vie d'un montant conséquent.

A l'issue de l'instruction, l'arme qui a blessé l'accusé n'a jamais été retrouvée et les causes de la mort de la défunte - qui n'a pas succombé à l'incendie du véhicule - n'ont pas pu être déterminées en raison de l'état du corps.

Une enquête menée "totalement à charge" que la défense va s'attacher à nouveau à "remettre en cause", a déclaré à l'AFP Me Léon-Lef Forster, nouvel avocat de M. Darcy, qui a fait appel de sa condamnation. "Nous allons plaider l'acquittement en disant qu'il n'avait aucune raison et aucune envie de tuer sa femme", a-t-il poursuivi.

Le conseil de la partie civile n'a pas souhaité s'exprimer avant ce procès d'appel, qui doit s'achever le 3 juillet. L'accusé encourt la réclusion à perpétuité.

Vous êtes responsable des propos que vous publiez.
Merci de respecter nos CGU