A Chypre, la police cherche dans deux lacs les victimes d'un tueur en série présumé

Chargement en cours
Photo prise le 26 avril 2019 à Chypre montrant le lac Memi dans le village de Mitsero, au sud-ouest de Nicosie, où des recherches sont organisées pour retrouver les corps de victimes d'un tueur en série présumé
Photo prise le 26 avril 2019 à Chypre montrant le lac Memi dans le village de Mitsero, au sud-ouest de Nicosie, où des recherches sont organisées pour retrouver les corps de victimes d'un tueur en série présumé
1/3
© AFP, Iakovos Hatzistavrou

AFP, publié le vendredi 26 avril 2019 à 21h04

La police chypriote a mené vendredi des recherches dans deux lacs pour retrouver les restes de plusieurs étrangères qu'un tueur en série présumé dit avoir jetées dans les eaux, selon un journaliste de l'AFP.

Dans cette affaire qui fait grand bruit sur l'île méditerranéenne, le suspect, un militaire chypriote âgé de 35 ans, a avoué avoir tué sept femmes et jeunes filles étrangères, selon des sources policières.

Le président Nicos Anastasiades s'est dit "choqué" par ces "meurtres perpétrés contre des femmes étrangères et des enfants innocents".

Le chef de l'Etat exprime "l'indignation de la société chypriote face à des meurtres qui semblent avoir visé spécifiquement des femmes étrangères venues travailler dans notre pays, ce qui est contraire aux valeurs, aux traditions et à la culture" de Chypre, a indiqué son bureau.

Depuis le 14 avril, les enquêteurs ont déjà retrouvé les corps de trois femmes, toutes Philippines qui travaillaient à Chypre comme employées de maison selon des médias locaux. 

- Plongeurs mobilisés -

Le dernier a été retrouvé jeudi après que le suspect eut montré aux enquêteurs où il avait jeté la victime, dans un puits près d'un champ de tir, dans les environs de la capitale Nicosie.

Vendredi, le chef des pompiers de Chypre, Marcos Trangolas, ainsi que de hauts responsables de la police, se sont rendus près de deux lacs au sud-ouest de Nicosie, afin de superviser de nouvelles recherches pour retrouver les corps des quatre autres victimes que le militaire --dénommé Nicos Metaxas selon les médias locaux-- affirme avoir tuées.

Selon les médias locaux, le suspect dit avoir tué quatre Philippines, dont une femme et sa fille --dont le corps n'a pas encore été trouvé--, ainsi qu'une Roumaine et sa fille, et une femme qui n'a pas été identifiée.

Un plongeur est descendu dans le lac Memi, dans la commune de Xyliantos.

"Nous examinons des endroits où le robot-caméra n'a pas pu avoir d'image claire. Nous faisons les recherches mètre par mètre grâce aux plongeurs", a indiqué à l'AFP le porte-parole du chef des pompiers Andreas Kettis.

Selon lui, le suspect est venu sur les lieux des fouilles plus tôt dans la journée afin de guider les équipes de plongeurs et d'enquêteurs.

A quelques kilomètres de là, dans la localité de Mitsero, des recherches devaient également être menées avec des robots dans le lac Rouge.

Le site d'informations Kathimerini Chypre a publié une lettre d'excuses aux victimes.

"La tragédie autour de ces meurtres en série n'est pas seulement un crime contre les victimes et leurs familles. Il s'agit d'un crime contre le pays perpétré par un assassin (...) mais aussi par un Etat et une société qui montrent des tendances xénophobes et des attitudes racistes", écrit ce média.

L'affaire a choqué dans cette île très touristique où le taux de criminalité est relativement faible, et les forces de l'ordre ont été accusées de n'avoir pas réagi avec suffisamment de sérieux aux disparitions de ces femmes étrangères.

- "Peur" -

De nombreux immigrés d'Asie et de Roumanie sont employés à Chypre, notamment comme employés de maison ou dans l'agriculture.

C'est un touriste allemand qui a découvert le premier cadavre alors qu'il prenait des photographies d'un puits de mine de 150 mètres de profondeur. Le corps a été ramené à la surface après des pluies diluviennes.

Plusieurs centaines de personnes, des Chypriotes et des employées de maison asiatiques, se sont rassemblées vendredi devant le palais présidentiel en hommage aux victimes.

Lissa Jataas, qui dirige un groupe de solidarité avec les employées de maison à Chypre, a estimé que cette affaire avait eu un effet "dévastateur" au sein de la communauté philippine.

"Maintenant, tout le monde a peur", a déclaré de son côté la présidente de la fédération des organisations philippines à Chypre, Ester Beatty, tenant une bougie et appelant à la "vigilance" au sein de sa communauté.

Pour la militante Maria Mappouridou, qui avait lancé l'appel à la manifestation, ces morts devraient servir de sonnette d'alarme.

"C'est énorme. Ces femmes avaient disparu depuis des années et personne n'a demandé où elles étaient passées", s'est-elle indignée. 

"Quelqu'un doit endosser la responsabilité pour ça", a-t-elle ajouté.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.