18 mois de prison requis contre le tueur de chiot, accusé de violences sur sa famille

18 mois de prison requis contre le tueur de chiot, accusé de violences sur sa famille

Le palais de justice d'Albertville (Savoie) où était jugé le père de famille.

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leparisien.fr, publié le lundi 16 avril 2018 à 21h33

Le tribunal a découvert lundi que l'homme jugé en comparution immédiate était aussi un tyran domestique. Des expertises psychiatriques ont été ordonnées.

L'affaire avait choqué, et déclenché l'ire des associations de protection des animaux. Un homme de 37 ans était jugé lundi par le tribunal correctionnel d'Albertville (Savoie) pour avoir massacré son chiot de trois mois à coups de hache. Des faits qui ont eu lieu le 11 avril à Grignon.

Dans le box lundi, ce père de famille, qui comparait détenu, explique calmement qu'il avait décidé d'euthanasier sa chienne baptisée Athéna. Devant leur maison, son épouse, au volant de son véhicule, avait roulé accidentellement sur une patte de l'animal. Immédiatement, elle avait conduit la chienne chez le vétérinaire. « Sans mon accord », proteste le prévenu. Et alors que le vétérinaire diagnostique une simple blessure sans risque vital pour le chiot, le père de famille déboule dans le cabinet en clamant « il faut l'euthanasier ».

Il s'empare alors de l'animal, retourne à son domicile et annonce à son épouse son intention d'en finir avec le chiot. « Je voulais le tuer d'une façon douce » affirme-t-il. L'épouse tente de s'interposer. « Si tu tues le chien, tu ne verras plus tes gosses » lui aurait lancé la jeune femme. L'homme, autoritaire et violent, est hors de lui. Il s'empare d'une hache, et sous les yeux horrifiés de son épouse et de son fils de 11 ans, il massacre littéralement la petite chienne. Les mains ensanglantées, il part ensuite vers la forêt pour l'enterrer.

« J'ai réagi comme ça car ma femme m'avait dit des choses atroces » se justifie-t-il. L'homme reconnaît qu'il voulait montrer qu'il était le maître chez lui. Les gendarmes sont alertés. Le père de famille est arrêté. Devant le tribunal, l'homme fait preuve d'un aplomb incroyable : « Si je veux euthanasier ma chienne, j'ai le droit. Je ne suis pas un délinquant. Je n'ai jamais été violent ».

« J'ai reçu des coups dans le ventre lorsque j'étais enceinte »

Pourtant, cette affaire a permis de mettre en lumière d'autres faits particulièrement graves. Le prévenu martyrisait également sa femme et leurs cinq enfants. « J'ai reçu des coups dans le ventre lorsque j'étais enceinte. J'ai perdu deux fois connaissance. Un de mes fils handicapé était devenu son souffre-douleur. Il l'a enfermé dans un placard, l'a frappé « témoigne son épouse qui, après la mort du chiot, a décidé de briser la loi du silence.

Entendue par les gendarmes, la sœur du prévenu a eu des mots terribles pour son frère : « Il est capable de tuer toute la famille. Le chien, ce n'est qu'une prémisse ». Le procureur a requis 18 mois de prison ferme pour l'ensemble des faits reprochés au prévenu. Mais le tribunal a décidé d'ordonner une expertise psychiatrique du père de famille avant de se prononcer. Une nouvelle audience aura donc lieu le 24 mai prochain. En attendant, le tueur de chien restera en prison.

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