Violence entre chasseurs et LPO: prison avec sursis requise pour "l'homme la pelle"

Violence entre chasseurs et LPO: prison avec sursis requise pour "l'homme la pelle"
Une cage, appelée "matole", dans laquelle est enfermé un pinson, un oiseau migrateur protégé dégusté dans les Landes en brochettes, frit ou en omelette.

AFP, publié le jeudi 24 mai 2018 à 15h47

Des peines de prison avec sursis ont été requises jeudi en appel contre des chasseurs landais, dont l'un devenu en une photo un personnage culte des réseaux sociaux, en slip et pelle à la main, menaçant des membres de la Ligue de de Protection des oiseaux (LPO).

Ce sexagénaire, Jean-Marc Dutouya, son frère et son fils avaient été condamnés à des amendes de 400 à 800 euros en première instance en avril 2017 par le tribunal correctionnel de Dax, où déjà de la prison avec sursis avait été requise. La LPO et France Télévisions, parties civiles, avaient fait appel. A Pau jeudi, le procureur général a requis deux mois avec sursis contre Jean-Marc Dutouya, trois mois contre son frère Patrick Dutouya, et 100 euros d'amende contre son fils Eric.

Le 9 novembre 2015, une demi-douzaine de membres de la LPO, dont son président Allain Bougrain-Dubourg, avaient pénétré dans un champ du village d'Audon (Landes) pour détruire plusieurs matoles (pièges à petits oiseaux) afin de dénoncer le braconnage de pinsons, une espèce protégée.

Lors de cette action, régulière dans les Landes à cette saison, les militants et des journalistes avaient été pris à partie par les propriétaires, les Dutouya. L'altercation, entre insultes, menaces, bousculades, coups de pelle, avait duré plusieurs minutes jusqu'à l'arrivée de gendarmes. La mère octogénaire de M. Dutouya avait été bousculée. Quatre véhicules de journalistes avaient eu des pneus crevés. 

La photo de Jean-Marc Dutouya, sortant de chez lui en slip et tee-shirt, pelle brandie, avait enflammé les réseaux sociaux par d'innombrables détournements, qui durent encore, comme l'a rappelé son avocat Me Frédéric Dutin. "Je vous demande de prendre en compte ce contexte dans vos condamnations", a-t-il dit aux juges, plaidant la relaxe partielle ou une dispense de peine pour les frères Dutouya, la relaxe pour le fils.

La LPO demandé entre 10 et 15.000 euros de dommages et intérêts, France TV la réparation du préjudice matériel (caméra endommagée).

La présidente de la Cour d'appel a indiqué qu'elle n'examinerait "que des faits de violences. Le délit de chasse prohibée (à la matole) n'a(yant) pas été retenu en première instance".

L'avocat de la LPO, Me François Ruffié, a réfuté l'idée de coups qui auraient aussi été portés par des membres de la LPO. "Nous avons été victimes de violence. M. Bougrain-Dubourg a rempli sa mission et il a vu face à lui arriver une violence en réunion", a-t-il dit.

La Cour a mis sa décision en délibéré au 5 juillet.

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