VIDÉO. Kenya : une mystérieuse faille qui pose question

VIDÉO. Kenya : une mystérieuse faille qui pose question

Une faille s'est ouverte dans le sol au cœur du Kenya le 18 mars dernier, intriguant les géologues (photo d'illustration).

A lire aussi

Orange avec AFP, publié le vendredi 06 avril 2018 à 17h00

Depuis quelques semaines, dans le comté de Narok, dans la vallée du Rift, une faille de plusieurs kilomètres de long est apparue sans que les géologues ne parviennent à en déterminer l'origine. Depuis des années, l'hypothèse d'un détachement de ce morceau d'Afrique du reste du continent circule.



Les images de la faille circulent dans les médias du monde entier.

Un gouffre intrigant, long de 4 kilomètres, large de 20 mètres par endroits et profond jusqu'à 50 mètres, selon France 2. La faille s'est ouverte en une journée, le 18 mars dernier, non loin de Nairobi, dans le sud-ouest du Kenya. De vastes portions de la route entre Mai Mahiu et Narok ont été emportées, sans faire de blessé, précise la chaîne. "C'était comme si la Terre allait avaler toute la maison", se souvient une riveraine.

L'Afrique coupée en deux... dans 50 millions d'années

Les experts ne parviennent pas à expliquer ce phénomène. Plusieurs avancent la thèse d'une fracture du continent, qui pourrait se détacher à cet endroit de la Corne de l'Afrique. Une idée déjà formulée après un séisme dans la région en 2005. C'est peu vraisemblable, selon Yann Klinger, du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), interrogé par France 2. "Si cette fracture était tectonique, on s'attendrait à avoir une activité sismique anormale, or aujourd'hui nous n'avons pas eu de séisme de magnitude conséquente dans la région", explique le sismologue.

D'autres scientifiques évoquent les récentes pluies torrentielles qui se sont récemment abattues sur le Kenya. C'est le cas de Ben Andrews, géologue à la Smithsonian Institution de Washington, interrogé par la chaîne américaine CBS. Selon lui, les intempéries n'ont fait que révéler le phénomène, qui résulterait de la tectonique des plaques, celles-ci se déplaçant de 2,5 centimètres par an. À ce rythme, l'Afrique se retrouvera coupée en deux... dans 50 millions d'années, précise Ben Andrews.

Querelles d'experts

Le 5 décembre 2005, un puissant séisme (7,5 sur l'échelle de Richter) a frappé l'Afrique de l'Est, dans la région du lac Tanganyika, près de la frontière entre la République démoncratique du Congo et la Tanzanie. Les géologues sont divisés sur l'existence d'une coupure entre plaques tectoniques dans cette région. Certains considèrent que la vitesse d'ouverture du rift est-africain est suffisamment importante pour justifier l'existence d'une plaque supplémentaire, dite somalienne, située à l'est du rift et qui s'éloigne progressivement du reste de la plaque africaine. D'autres estiment au contraire qu'il s'agit d'une fissure au sein même de la plaque africaine, difficilement comparable aux zones de friction entre les grandes plaques tectoniques de la planète.

Le service de gestion de commentaires évolue.

A compter du 29 mars, le Journal de Réactions et la publication de commentaires seront temporairement fermés.

Les discussions autour des sujets qui vous tiennent à cœur resteront prochainement possibles au travers d’un tout nouveau service vous permettant de réagir.