Un tiers de la flore tropicale africaine potentiellement menacée d'extinction

Un tiers de la flore tropicale africaine potentiellement menacée d'extinction
Des gorilles dans la forêt du parc national de Kahuzi-Biega en République démocratique du Congo, le 30 septembre 2019

, publié le mercredi 20 novembre 2019 à 20h01

Le tiers des espèces de plantes tropicales en Afrique sont probablement ou potentiellement menacées d'extinction, selon une estimation approximative publiée mercredi dans la revue Science Advances.

La liste de référence, pour les espèces menacées, est la fameuse "liste rouge" tenue par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Mais si cette liste est relativement complète pour les mammifères et les oiseaux, elle est pleine de trous pour les plantes, dont moins de 10% sont évaluées. Le travail de recensement est très fastidieux et consommateur de temps, et il existe plus de 350.000 espèces de plantes sur la planète.

Des chercheurs coordonnés par un botaniste français de l'Institut de recherche pour le développement, Thomas Couvreur, ont contourné ce problème en réalisant une première analyse automatisée du statut de plus de 22.000 plantes vasculaires tropicales africaines, en utilisant les données compilées dans la base Rainbio, tenue par la Fondation pour la recherche sur la biodiversité, une institution française.

Le résultat est que 32% des espèces, soit près de 7.000, ont été classées comme probablement ou potentiellement menacées, sur la base de deux critères reconnus par l'UICN et concernant la réduction récente de la taille de la population ou de sa répartition géographique.

Les régions les plus exposées sont l'Ethiopie, le centre de la Tanzanie, le sud de la République démocratique du Congo et les forêts d'Afrique de l'Ouest.

Cette méthode rapide "est une façon peu coûteuse d'initier le processus d'évaluation de la liste rouge pour un grand nombre d'espèces", écrivent les chercheurs.

Mais "les deux approches sont complémentaires. Un effort international important reste à fournir pour évaluer toutes les espèces de plantes en Afrique", ajoute Thomas Couvreur dans un communiqué.

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