Thon rouge: les quotas fortement revus à la hausse

Thon rouge: les quotas fortement revus à la hausse

Des chalutiers dans le port de Vigo au Portugal, le 13 juin 2008

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AFP, publié le mardi 21 novembre 2017 à 23h42

Les quotas de pêche de thon rouge ont été fortement revus à la hausse pour les années à venir, atteignant 36.000 tonnes par an en 2020 contre 23.655 tonnes en 2017, a-t-on appris mardi auprès de délégués et d'observateurs à une réunion de l'organisme international chargé de ce dossier.

Selon l'ONG Pew, ce quota à l'horizon 2020 est "le plus élevé jamais" adopté et fait craindre un "déclin dans un futur proche de l'espèce". Cette hausse "inacceptable" intervient "alors que la reconstitution du stock n'est pas encore confirmée", déplore le WWF, dénonçant le "choix du profit économique à court terme".

Les quotas de pêche de thon rouge de Méditerranée et de l'Atlantique Est vont grimper à 28.200 tonnes en 2018, 32.240 en 2019 et 36.000 en 2020, ont indiqué des participants à l'AFP.

Ces décisions ont été approuvées en fin d'après-midi par l'assemblée plénière de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (Cicta, Iccat en anglais), un organisme qui compte 52 membres (51 pays + l'Union européenne), réuni depuis le 14 novembre à Marrakech.

Le stock actuel de thons rouges adultes est estimé à un peu moins de 500.000 tonnes.

La Cicta a aussi modifié la clé de répartition des quotas par pays, a précisé à l'AFP Bertrand Wendling, directeur de Sa.Tho.An (Sardine-thon-anchois), la plus grosse coopérative de pêcheurs de Sète.

Avec 15.850 tonnes en 2018, 17.536 en 2019 et 19.360 en 2020, l'Union européenne voit sa part relative baisser d'environ 59% à quelque 54%.

Plusieurs pays (Turquie, Libye, Maroc, Algérie, Tunisie, Islande, Norvège...) avaient réclamé une hausse de leurs quotas.

Les membres de la Cicta "ont choisi d'ignorer le fait que ni le thon de l'Atlantique Ouest ni celui de l'Atlantique Est ne sont totalement rétablis", déplore Pew dans un communiqué. "Ils ont au contraire adopté des quotas dont on peut prévoir qu'ils conduiront au déclin dans un futur proche".

"On n'est pas satisfait du tout (...), on ne voulait pas une augmentation trop forte du quota", a réagi pour sa part M. Wendling.

Le comité scientifique de la Cicta "avait clairement dit dans (son) rapport que jusqu'à 30.000 tonnes, il n'y avait pas de risque pour la biomasse de géniteurs", rappelle-t-il. "Or 36.000, c'est bien au-delà. Le risque, c'est que dans les prochaines évaluations, les quotas soient revus à la baisse".

La Cicta n'a en revanche décidé aucune modification des dates et des modalité de pêche ou des pourcentages de prises accessoires, précise M. Wendling.

Selon des données établies par le comité scientifique de la Cicta, 20.098 tonnes de thon rouge de l'Atlantique Est ont été pêchées en 2016.

Ce poisson a été victime de la surpêche dans les années 1990-2000 avant que l'établissement en 2007 d'un quota et de mesures de régulation draconiennes ne commence à reconstituer le stock.

En 2014, la Cicta avait déjà relevé de 20% par an, pendant trois ans, le quota de pêche du thon rouge. En 2014, le quota était de 13.500 tonnes par an.

Pew dénonce également "un énorme pas en arrière" concernant la protection du requin-taupe bleu. Il figure "parmi les espèces de requins les plus vulnérables capturées dans l'océan Atlantique, et pourtant la Commission a pris des mesures minimales pour réduire sa pêche", déplore l'ONG.

Les membres de la Cicta "ne sont pas non plus parvenus à renforcer l'interdiction régionale du finning des requins" (découpe des nageoires et rejet de la carcasse à la mer), regrettent plusieurs ONG, dont Shark Advocates International, Shark League for the Atlantic and Mediterranean.

Pew et le WWF regrettent aussi l'absence de progrès concernant la surpêche des thons tropicaux.

Les deux ONG se félicitent en revanche que la Cicta ait décidé de lancer à partir de 2018 un nouveau mode de gestion du thon albacore de l'Atlantique Nord qui, selon elles, pourrait la conduire à transformer sa gestion d'autres espèces.

 
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