Quelle place pour le loup en France ?

Quelle place pour le loup en France ?

Des négociations sont prévues mardi à Lyon autour d'un futur "Plan loup". L'AFP a tenté de comprendre la place du prédateur dans notre culture et notre environnement.

A lire aussi

AFP, publié le dimanche 10 décembre 2017 à 08h42

Les éleveurs et les défenseurs du loup s'affrontent en France. Des négociations sont prévues mardi à Lyon autour d'un futur "Plan loup". L'AFP a tenté de comprendre la place du prédateur dans notre culture et notre environnement.

- Du 'grand méchant loup' à l'espèce protégée - 

Le loup a toujours suscité peur et fantasmes. Une perception alimentée par les contes mais qui repose aussi sur des réalités historiques. "Quand Charles Perrault écrit Le petit Chaperon rouge en 1697, c'est pendant la pire séquence d'attaques de loups avec des centaines d'enfants tués par an", explique à l'AFP Jean-Marc Moriceau.

Unique historien spécialiste du loup en France, ce chercheur du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) a compilé des milliers de témoignages effroyables comme celui-ci datant de 1775: le loup "a tellement mis en pièces une de mes paroissiennes qu'on a été obligé de ramasser dans l'espace d'environ quarante pas tous ses morceaux de chair".

A cette époque, le loup est présent partout, plaines et bord de mer compris. Mais une politique nationale, soutenue dès la Révolution par des primes versées par oreille de loup, permettra d'éradiquer complètement le prédateur dans les années 1930.

Cinquante plus tard, le loup passera sans transition d'ennemi public à espèce strictement protégée. En 1979, la Convention de Berne, transcrite dans le droit français dix ans plus tard, considère le loup gris (Canis lupus) "comme élément fondamental du patrimoine naturel européen en raison de sa valeur symbolique, scientifique, écologique, éducative, culturelle, récréative, esthétique et intrinsèque".

L'animal reviendra naturellement en France dès 1992 par l'Italie, via le parc national du Mercantour (sud-est).

- Utile, le loup ? -

Le loup, parce qu'il est au sommet de la chaîne alimentaire, "a un rôle écosystémique évident. Il a été amplement démontré aux États-Unis que l'excès de cervidés dans les réserves protégées se traduisait par une dégradation de l'environnement", souligne Yvon Le Maho, directeur de recherche émérite au CNRS, interrogé par l'AFP.

L'exemple du parc national de Yellowstone est éloquent. En 1994, les autorités décident de réintroduire le loup. Depuis sa disparition dans les années 20, la population de wapitis avait augmenté de façon significative. Avec le loup, la population de ces cervidés a diminué, allégeant de ce fait la pression sur la végétation. Mais surtout la peur du loup a modifié les habitudes de pâturage: les wapitis se sont mis à éviter les zones où ils sont vulnérables, permettant aux saules et aux trembles d'arriver à maturité. Un développement végétatif qui a des effets positifs en chaîne avec retour de certains insectes et oiseaux et moins d'érosion, souligne une étude de l'Université de l'Oregon en 2007.

En France, certaines forêts comme celles des Vosges connaissent le même problème: l'excès d'ongulés (cerfs, chevreuils, sangliers, chamois, bouquetins, mouflons...) dégrade les jeunes pousses. Il faut donc grillager les zones de reboisement, restreignant ainsi l'espace disponible aux animaux et amplifiant les dégradations ailleurs.

A ceux qui rétorquent qu'en France l'exemple américain n'est pas duplicable car les surfaces ne sont pas les mêmes, les scientifiques répondent que la population de loup se régule par rapport à la population d'ongulés disponible.

Il manque néanmoins en France des études poussées sur ce point, la majorité des travaux financés s'étant concentrés sur les capacités de cohabitation du loup avec les troupeaux de brebis.

- Quelle population de loups pour la France ?

La population de loups en France est estimée autour de 360 individus. Du point de vue écologique, un chiffre insuffisant pour maintenir l'espèce. Il faudrait entre 2.500 à 5.000 individus adultes pour que cette population soit viable, conclut une "expertise scientifique collective sur le devenir de la population de loups en France", réalisée par l'Office national de la chasse et la faune sauvage (ONCFS) et le Muséum national d'histoire naturelle en mars 2017 et présidée par M. Le Maho.

360 n'est donc a priori pas suffisant, sauf si la politique du loup est pensée à l'échelle de l'Europe.

Mais attention, si "un de ces pays commence à prendre des mesures d'abattage comme le font les Suédois, il n'y aurait plus de politiques européennes possibles", souligne Yvon Le Maho.

 
27 commentaires - Quelle place pour le loup en France ?
  • Je partage pleinement l'avis de lepetichose à l'être humain de s'adapter à la nature il y a toujours eu des loups pourquoi toujours tuer ces pauvres bêtes mal jugés par les gens par des histoires de petit chaperon rouge, il y a bien d'autres solutions plus pacifiques d'autant plus que cette espèce est protégée au moyen âge les bergers vivaient avec et ne touchaient pas des primes de l'état, quand les hommes auront fini de tuer tout ce qui les gênent il n'y aura plus de nature ni de faune sauvage et nous pourrons couler du béton, le loup est peureux et pas méchant il ne se jette pas sur les gens ils ont plutôt tendance à se cacher et se faire oublier, apprenons à respecter la nature qui fait vivre les hommes.

  • 1La biodiversité est un tout. C'est notre patrimoine et notre richesse. Passer outre condamnera l'humanité aussi surement qu'un cancer. A nous de nous adapter et de trouver des solutions intelligentes.

  • De toutes façons, place à l'HOMME ! Partout où il développe sa progéniture, la nature s'efface. Et comme bientôt les humains forceront les autres humains à ne plus se nourrir de viande, nous n'aurons même plus de basse-cours ni de pâturages, donc adieu le loup.

  • de l'argent pour les loups quelle gachis !!!!! pas pour les sans abrits ni les petites gens

  • Quand je lis le commentaire ci-dessus trop de gibiers ect.c'est les chasseurs par les reserves 'les parcs et la gestion pendant 40 ans . aujourdhui tout le monnde veut gerer.
    mais une chose est sur le , les chasseurs et les eleveurs vont s'en occuper,quand voit
    le budget alloué au loup des centaines de millions d'euros ,cela fait peur .et des français dorment dans la rue ?la ferocite des prefets concernant la protection du loup ,plus protege que les citoyens français face au terrorisme.....

  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]