Protéger la couche d'ozone a permis d'éviter un réchauffement supplémentaire de la planète

Protéger la couche d'ozone a permis d'éviter un réchauffement supplémentaire de la planète
Planète Terre au Planétarium de Shanghai.

publié le jeudi 19 août 2021 à 12h15

Les gaz responsables du "trou" de la couche d'ozone sont en effet de puissants gaz à effet de serre. En outre, plus ces gaz sont nombreux, plus la Terre subit des radiations UV supplémentaires, ce qui a une incidence importante sur la capacité de la nature à absorber les gaz à effet de serre que nous produisons.

Alors que les experts climat de l'ONU (Giec) ont une nouvelle fois mis en garde contre les désastres "sans précédent" qui frapperont l'humanité si rien n'est fait pour limiter le réchauffement climatique, une étude publiée mercredi 18 août dans la revue Nature par des chercheurs de l'université de Lancaster montre que les actions entreprises pour protéger la planète ne sont pas vaines : le protocole de Montréal, qui a permis de lutter contre le trou de la couche d'ozone, a ainsi également permis d'éviter un réchauffement supplémentaire de la planète de 2,5°C d'ici 2100 grâce au bannissement de certains types d'aérosols. 



Signé en 1987, le Protocole de Montréal a pour vocation de supprimer progressivement les gaz CFC (utilisés dans la réfrigération et les aérosols), responsables du fameux "trou" dans la couche d'ozone, cette couche gazeuse qui protège la Terre de rayons qui provoquent cancers de la peau, dégâts oculaires et immunitaires. 

Or sans cet accord, l'étude révèle que le réchauffement climatique atteindrait 4°C, même si les Etats parvenaient à limiter la hausse du thermomètre liée à d'autres gaz sous les 1,5°C, un des objectifs de l'Accord de Paris, le processus mondial de lutte contre le changement climatique, sachant que le réchauffement causé par les gaz à effet de serre est estimé à environ 1,1°C actuellement comparé à la période pré-industrielle et entraîne déjà son lot de catastrophes, inondations meurtrières, canicules, incendies, ouragans.

En effet, en plus d'attaquer la couche d'ozone, les gaz CFC sont de puissants gaz à effet de serre qui retiennent la chaleur jusqu'à 10.000 fois plus que le dioxyde de carbone (CO2). En outre, plus ces gaz sont nombreux, plus la Terre subit des radiations UV supplémentaires, ce qui a une incidence sur la capacité de la nature à absorber les gaz à effet de serre que nous produisons, un impact qui n'avait pas été mesuré jusqu'à présent et qui se révèle important.

Depuis les années 1960, les forêts et les sols ont absorbé environ 30% du CO2 émis par les humains dans l'atmosphère et les océans 20% supplémentaires. Les chercheurs, sous la houlette de Paul Young de l'université de Lancaster, ont découvert que la capacité des plantes à stocker le CO2 auraient été sérieusement dégradée par les produits qui affectent aussi la couche d'ozone si on n'avait pas réduit leur utilisation. "Un monde où ces produits chimiques augmentaient et continuaient à retirer la couche d'ozone protectrice aurait été catastrophique pour la santé humaine", indique Paul Young, "mais aussi pour la végétation".
 

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