Philippines: un million de personnes évacuées à l'approche du super-typhon Goni

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Des habitants se tiennent sur un pont submergé par les eaux dans la ville d'Ilagan (Philippines), le 31 octobre 2020
Des habitants se tiennent sur un pont submergé par les eaux dans la ville d'Ilagan (Philippines), le 31 octobre 2020
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© AFP, Villamor Visaya

, publié le samedi 31 octobre 2020 à 22h54

Près d'un million d'habitants ont été évacués samedi aux Philippines, alors que le super-typhon Goni, le plus puissant de cette année, se dirige vers le pays, les autorités redoutant des vents "destructeurs" et des inondations.

Quelques heures avant de toucher terre, Goni s'est encore renforcé, passant dans la catégorie des super-typhons.

Il devrait atteindre l'île de Catanduanes dimanche matin avec des vents allant jusqu'à 215 km/h, avant de traverser l'île principale du pays, Luzon, a prévenu l'agence météorologique.

La situation à Catanduanes est "extrêmement dangereuse", selon les dernières prévisions de l'agence dimanche à 02H00 du matin (18H00 GMT samedi), qui craint une hausse du niveau de la mer allant jusqu'à trois mètres et des "dégâts catastrophiques dus au vent" dans les provinces de Catanduanes, Camarines Sur et Albay.

Goni arrive une semaine après Molave, qui a touché la même région, faisant 22 morts et inondant une grande région agricole avant de continuer sa route vers le Vietnam.

"Nous nous attendons à des ondes de tempête, et nous surveillons les volcans Mayon et Taal pour d'éventuelles coulées de boue volcanique", a déclaré à la télévision ABS-CBN Mark Timbal, porte-parole de l'agence chargée de la réponse aux catastrophes naturelles.

"Les vents violents et les pluies diluviennes" attendus pourraient provoquer inondations et glissements de terrain en masse dans cette région de 20 millions d'habitants, ont prévenu les services météorologiques.

Le chef de la Défense civile Ricardo Jalad a indiqué que "près d'un million" de personnes avaient quitté leur domicile dans la région de Bicol, qui comprend la partie méridionale de l'île de Luzon et l'île de Catanduanes.

Les autorités ont envoyé samedi dans les zones à risque des véhicules, du matériel et des équipes de secours en prévision de l'arrivée du super-typhon.

Les établissements scolaires vides depuis le début de l'épidémie de Covid-19 servent de centres d'hébergement d'urgence pour les personnes évacuées, ainsi que les salles de sport et les centres d'évacuation gérés par le gouvernement.

"L'évacuation des populations menacées est rendue encore plus difficile cette année à cause du Covid-19", a expliqué à l'AFP le porte-parole des services de défense civile régionaux, Alexis Naz.

Les écoles, fermées à cause du virus, serviront de refuge, mais là où on aurait pu normalement mettre 16 personnes par salle, le nombre sera limité à 5 par salle en raison de la pandémie, a-t-il expliqué.

Mary Ann Echague, 23 ans, ses deux enfants, ses parents et des frères et soeurs ont fui leur domicile situé à Legazpi, ville côtière de la région de Bicol, pour venir se réfugier dans une école où ils partagent une salle de classe avec plusieurs autres familles.

La famille, déjà éprouvée par de précédents typhons, a emporté un réchaud, de la viande en conserve, des nouilles instantanées, du café, du pain, des oreillers et des couvertures.


"A chaque fois que nous avons été touchés par un typhon, notre maison a subi des dégâts, et depuis, elle est construite en bois avec un toit en tôle galvanisée", raconte-t-elle.

"Nous avons toujours géré", explique-t-elle.

Plusieurs centaines de personnes se sont retrouvées bloquées après que les garde-côte eurent ordonné aux ferries et aux bateaux de pêche de rester à quai, les vagues pouvant atteindre 15 mètres de haut en mer.

Goni devrait s'affaiblir "considérablement" en traversant l'île de Luzon avant d'atteindre lundi matin la Mer de Chine méridionale, selon les services météorologiques.

Les Philippines sont touchées chaque année en moyenne par une vingtaine de tempêtes tropicales et de typhons, qui détruisent les récoltes, les maisons fragiles et les infrastructures, maintenant des populations entières dans la pauvreté permanente.

Le pire de l'histoire récente a été, en 2013, le super typhon Haiyan, qui avait fait plus de 7.300 morts, notamment dans la ville centrale de Tacloban submergée par des vagues géantes.

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