NDDL: Les occupants attendent un "geste d'apaisement" du gouvernement

NDDL: Les occupants attendent un "geste d'apaisement" du gouvernement
Un habitant de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, après une conférence de presse, le 23 avril 2018
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AFP, publié le lundi 23 avril 2018 à 17h19

Les occupants menacés d'expulsion de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes ont demandé lundi un "geste d'apaisement" au gouvernement, au dernier jour de l'ultimatum fixé par ce dernier, alors qu'un calme précaire régnait sur le bocage nantais.

"Un geste a été fait de la part des habitants de la zone. Ce n'est plus à nous de faire un geste, c'est très clairement au gouvernement de faire un geste pour prolonger l'apaisement", a lancé Baptiste, 33 ans, artisan crêpier sur la ZAD, au cours d'une conférence de presse.

"On attend un geste fort de leur part", a-t-il insisté. 

Deux semaines après les premières expulsions sur la ZAD, qui ont conduit à la destruction de 29 "squats" sur 97 habitats recensés par le gouvernement, des explosions de grenades ont encore retenti lundi dans le bocage nantais.

"Quelques opposants font face aux gendarmes. C'est plutôt calme, c'est du face à face, sans heurts", a indiqué la gendarmerie à l'AFP.

La route départementale 81, qui traverse la zone du nord au sud, n'est plus entravée par des barricades comme au début de l'opération de gendarmerie, qui mobilise quelque 2.500 militaires.

Vendredi, une délégation d'occupants de la ZAD a déposé une quarantaine de projets nominatifs à la préfecture pour régulariser la situation des occupants, comme l'avait exigé le gouvernement.

Si la préfète des Pays de la Loire Nicole Klein a souligné le "gros travail" des zadistes, la décision de poursuivre ou non les expulsions revient au chef du gouvernement.

- "Démarche collective"-

"Depuis que le dossier a été déposé, il n'y a eu aucune communication gouvernementale qui allait dans le sens de l'apaisement. Donc on s'attend à la possibilité qu'ils reviennent intervenir...", estime Baptiste.

"On a jusqu'à la fin de la journée pour présenter de nouveaux projets ou les affiner. Un travail continue d'être mené sur ce plan-là", ajoute-t-il.

Lors de la conférence de presse, plusieurs occupants ont rappelé que les projets déposés en préfecture étaient interdépendants et qu'il s'agissait d'une "démarche collective" pour le territoire. "On demande qu'on nous laisse un laboratoire d'expérimentation sur la gestion du foncier et sur les questions d'agro-écologie", explique de son côté Sarah, habitante de la ZAD. 

Plusieurs projets ont été présentés en détail aux journalistes présents. Ainsi, JB, 39 ans, urbaniste de formation, a présenté son exploitation maraîchère, installée depuis un an à La Noë Verte.

Le jeune agriculteur, père de deux enfants et habitant le bourg de Notre-Dame-des-Landes, vend sa production sur les marchés locaux, sans parvenir pour l'instant à dégager un revenu. 

"Mon activité n'aurait pu exister sans le soutien de la ZAD, les prêts d'outils, l'appui pour la réparation, etc. On a une espèce de dynamique vertueuse", vante-t-il. 

Cotisant à la mutualité sociale agricole "avec enthousiasme", le maraîcher se félicite de la complémentarité des activités de la ZAD (jardins vivriers, conserverie, verger, miellerie, etc.) et de leur ouverture aux riverains de la zone.

"Tout ce qu'on produit, ce n'est pas fermé aux habitants de la zone. On a l'intention de rayonner avec toutes ces solidarités", avance-t-il.

Des agriculteurs du collectif Copain 44, parrains des projets agricoles, ont aussi apporté leur soutien à la démarche des zadistes.

"Les projets tiennent la route", considère Thomas Hardy, 33 ans, agriculteur près de Chateaubriant (Loire-Atlantique). "Il faut laisser du temps pour les construire, on ne peut pas monter des projets sous la pression", ajoute-t-il, en soulignant qu'une installation agricole classique réclame "de 18 à 24 mois de formalités administratives".

Interrogée par l'AFP, la préfecture a indiqué qu'un bilan du nombre de projets déposés serait réalisé après leur examen par la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM), sans préciser la durée de cet examen.

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