Naufrage du Grande America : quel risque de pollution ?

Naufrage du Grande America : quel risque de pollution ?
Le Grande America en feu au large des côtes du Finistère le 12 mars 2019.

, publié le mercredi 13 mars 2019 à 12h36

L'association Robin des Bois va porter plainte pour pollution et abandon de déchets après le naufrage du Grande America. Le navire italien a coulé mardi au large des côtes du Finistère. 

L'association écologiste Robin des Bois a annoncé son intention de porter plainte après le naufrage du navire de commerce italien "Grande America".

Après deux jours d'incendie, le bateau a coulé mardi 12 mars à plus de 300 kilomètres au large des côtes finistériennes. 

"Le bateau a coulé à 15h26 par 4.600 m de fond", à environ 333 km des côtes françaises, soit en zone économique exclusive française, a précisé la préfecture maritime de l'Atlantique à l'AFP. Le navire transportait des conteneurs pleins et des véhicules, tant de matières polluantes, en plus de son propre carburant. 



Selon France Bleu, l'association Robin des Bois redoute la pollution des côtes bretonnes : "D'après nos estimations, il y a entre 2 000 et 2 500 tonnes de carburants, de lubrifiants, de produits pétroliers, etc. On est très inquiets pour l'écosystème. [...] On peut s'attendre dans les jours qui viennent à des arrivées diffuses de boulettes de pétrole sur le littoral", commente pour la radio locale, Jacky Bonnemain, porte-parole de l'association. 



François de Rugy reconnaît le risque de pollution

Robin des Bois a indiqué dans un communiqué publié mardi son intention de "porter plainte pour pollution et abandon de déchets auprès du Tribunal de Grande Instance de Brest". L'association a demandé que la Préfecture maritime Atlantique "obtienne de l'armateur Grimaldi la liste complète des marchandises et matières dangereuses embarquées à bord du navire" et préconise de "pré-positionner des moyens de lutte contre la pollution (Polmar)", précise Presse Ocean. 


Le ministre de la transition écologique François de Rugy a lui aussi évoqué le risque de pollution du littoral après ce naufrage. "Nous allons envisager les moyens de lutte anti-pollution, car, comme toujours dans ces cas-là, il y a un risque de pollution, il ne faut pas le nier, d'abord parce qu'il y a une cargaison de fioul lourd qui était le carburant de propulsion", a expliqué devant l'Assemblée nationale le ministre de la Transition écologique François de Rugy.


Des conteneurs contenant des matières dangereuses

Le ministre a expliqué qu'il fallait encore identifier le contenu de la cargaison "pour connaître la nature exacte des produits contenus dans les conteneurs dont certains sont tombés à l'eau, avant même que le navire ne coule". "Nous allons voir s'il faut mobiliser des moyens sous-marins antipollution", a précisé le ministre, même si le navire a sombré très loin des côtes.

"Le navire, construit en 1997, a été détenu en 2010 pour 35 déficiences dans le port de Tilbury au Royaume-Uni", a assuré lundi dans un communiqué l'association écologiste Robin des Bois, ajoutant que depuis "d'autres déficiences sont régulièrement relevées par les inspecteurs de sécurité maritime à Hambourg et à Anvers".

L'association assure que "selon toute logique" le navire est "bourré de voitures et autres véhicules roulants de seconde main, de remorques et d'engins de travaux publics", ainsi que de déchets "à recycler", de pneus et de quelques conteneurs renfermant des matières dangereuses.

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