Naissance du 11e parc national, dans les forêts de Champagne-Bourgogne

Naissance du 11e parc national, dans les forêts de Champagne-Bourgogne
Une vue prise le 24 mai 2017 dans le nouveau parc national dédié aux forêts, situé aux confins de la Bourgogne et de la Champagne, et créé par décret le 7 novembre 2019

, publié le jeudi 07 novembre 2019 à 19h26

Après plus de dix ans de gestation, le 11e parc national, dédié aux forêts de feuillus de plaine, aux confins de la Bourgogne et de la Champagne, est officiellement sorti de terre jeudi, selon un décret paru au Journal officiel.

"Cet espace permettra de protéger durablement un des écosystèmes forestiers les plus emblématiques de notre pays", a déclaré la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne.

"Il deviendra le plus grand espace protégé de forêts d'Europe", a-t-elle ajouté à l'issue d'un Conseil de défense écologique consacré notamment à la protection de la nature et à l'utilisation des terres, qui a enterré le projet de mégacomplexe Europacity.

Le parc, dont l'idée était née lors du Grenelle de l'environnement en 2007, est le premier consacré aux forêts en France.

Il s'étend sur un périmètre maximal de près de 250.000 hectares: une réserve intégrale de 3.100 hectares où la forêt est laissée en libre évolution, un "cœur" de 56.000 hectares où s'appliqueront des règles spécifiques et une "aire d'adhésion" qui partage la vision du projet sans que les règles du cœur ne s'y appliquent.

Composées de hêtres, mais aussi de charmes, chênes ou trembles, les forêts, dont certaines datent de plus de deux siècles, couvrent environ la moitié du parc et presque la totalité de son cœur.

La présence de nombreuses sources et cours d'eau attirent poissons, insectes mais aussi la rare cigogne noire, dont quelques couples nichent dans le parc. 

Si les défenseurs de l'environnement saluent la création d'un nouveau parc national dédié pour la première fois aux forêts, ils regrettent en revanche son manque d'ambition.

"C'est une occasion ratée", a déclaré à l'AFP Jean-David Abel, de l'ONG France Nature Environnement, déplorant un manque de moyens financiers et humains, mais aussi des règles qui le mettent "à un niveau à peu près d'un parc régional".

"La charte très peu ambitieuse. Dans le cœur du parc, on peut faire toute une série d'activités économiques (exploitation forestière, agriculture conventionnelle) comme dans un parc régional, et on peut chasser à cour et utiliser des véhicules motorisés pour la chasse et pour ramener le gibier", a-t-il dénoncé.

Mais ce parc "est un outil d'aménagement et une source de richesse pour l'économie locale", a salué sur Twitter François Sauvadet, président du département de la Côte-d'Or.

Avec ce parc, le gouvernement avance vers l'engagement d'Emmanuel Macron d'atteindre 30% d'aires protégées sur le territoire français d'ici 2022, promesse faite après la publication au printemps d'un rapport alarmant d'experts de l'ONU estimant à un million le nombre d'espèces animales et végétales menacées de disparition dans le monde.

Aujourd'hui, les aires protégées (terrestres et marines) couvrent 23,9% du territoire, selon Mme Borne, qui assure que le parc et d'autres projets en cours permettront d'atteindre les 30% pour les aires terrestres.

Mais les promesses du président visaient aussi 10% du territoire en "pleine naturalité", soit la protection la plus élevée. De ce côté, il reste plus de chemin à parcourir. Aujourd'hui "seulement 1,76%" est en protection forte, a ainsi noté la ministre. 

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