Masques "antipollution": pas assez de données attestant de leur intérêt, selon l'Anses

Masques "antipollution": pas assez de données attestant de leur intérêt, selon l'Anses
Les données disponibles sont insuffisantes pour attester d'un bénéfice sanitaire des masques "antipollution", estime un rapport de l'Anses, ajoutant qu'elle ne peut de ce fait recommander leur utilisation

AFP, publié le mercredi 18 juillet 2018 à 08h32

Les données disponibles sont insuffisantes pour attester d'un bénéfice sanitaire des masques "antipollution", estime un rapport de l'Anses, ajoutant qu'elle ne peut de ce fait recommander leur utilisation.

Devant l'enjeu de santé publique représenté par la pollution de l'air, "la question de l'intérêt de recommander à la population le port d'équipements de protection individuelle (EPI) est régulièrement posée, rappelle dans un communiqué  l'Agence nationale de sécurité sanitaire, saisie fin 2015 par les ministères de la Santé et du Travail.

Mais, selon l'Agence, "l'expertise a révélé l'insuffisance de données disponibles attestant d'un bénéfice pour la santé" des masques, "notamment en conditions réelles d'utilisation". 

"Si l'efficacité d'un masque testé en laboratoire peut s'avérer élevée, elle ne reflète pas pour autant l'efficacité en conditions réelles d'utilisation", souligne le rapport de 150 pages.

"En effet, l'efficacité diminue du fait d'un mauvais ajustement au visage, du manque d'entretien du masque, de l'absence de formation de l'utilisateur, d'une activité physique intense, etc", et "si ces écarts peuvent être plus ou moins maîtrisés en milieu professionnel, cela n'est pas garanti pour le grand public", note le rapport.

En outre la plupart des masques "antipollution" sur le marché français sont conçus pour protéger des particules, mais pas des substances à l'état gazeux, ajoute l'Anses, qui a exclu de son analyse les masques chirurgicaux et les masques complets couvrant aussi yeux et menton.

Par ailleurs, le port de ce type d'équipement "peut donner un faux sentiment de protection à son utilisateur et entraîner des comportements conduisant éventuellement à une surexposition aux polluants", met en garde l'Agence, qui pour toutes ces raisons "ne recommande pas aux pouvoirs publics d'encourager le port de tels dispositifs".

Pour réduire les impacts sanitaires de la pollution atmosphérique, "l'Agence rappelle l'importance d'agir en priorité à la source, en limitant les émissions de polluants. En complément, elle recommande une meilleure information de la population, en particulier des personnes sensibles, sur les comportements à adopter pour limiter l'exposition quotidienne", selon le communiqué.

L'Agence demande aussi aux pouvoirs publics d'assurer l'information des voyageurs et expatriés dans certaines régions du monde où la pollution de l'air est élevée.

Enfin, concernant les travailleurs particulièrement exposés, elle préconise de "développer des outils de prévention à destination des employeurs" et d'initier une réflexion sur la pertinence d'établir des valeurs limites d'exposition professionnelle.

Selon l'agence Santé Publique France, la pollution aux particules entraîne à elle seule 48.000 morts prématurées dans l'Hexagone.

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