Loups échappés des Deux-Sèvres: tirs létaux autorisés

Loups échappés des Deux-Sèvres: tirs létaux autorisés
Un loup dans le parc du Mercantour en novembre 2012 à Saint-Martin-Vesubie

, publié le vendredi 04 décembre 2020 à 17h12

La préfecture de Charente-Maritime a pris vendredi un arrêté autorisant des tirs létaux, dans le cas d'un des loups échappés depuis trois semaines d'un refuge des Deux-Sèvres, les autorités se montrant par contre plus optimistes sur la capture d'un autre, resté près de sa base.

L'arrêté de la préfecture de Charente-Maritime autorise les agents habilités de l'Office français de la Biodiversité (OFB) à prendre "les mesures nécessaires afin de prévenir tout risque lié à la divagation du loup (...) y compris au moyen de tirs létaux, sur le territoire du département".

L'arrêté fait suite à plusieurs attaques sur des troupeaux de brebis, depuis le 13 novembre, imputées après expertises à ce loup fugitif: attaques chez trois éleveurs distincts, 18 brebis tuées, 14 blessées, des prédations "sur un périmètre très étendu", entre Saint-Saturnin du Bois, Marans (à 40 km) et Saint-Jean-de-Liversay.

Le 13 novembre, trois jeunes loups mâles de 2 à 3 ans s'étaient échappés d'un refuge à Frontenay-Rohan-Rohan, (Deux-Sèvres), limitrophe de la Charente-Maritime. L'un des trois a été retrouvé mort cinq jours plus tard, sur une route, sans doute percuté par un véhicule.

Les deux autres sont recherchés depuis, avec un dispositif de pièges-lacets, pièges-photos, drones, par des agents de l'OFB.

La situation des deux loups est "tout à fait différente", a indiqué vendredi la préfecture des Deux-Sèvres. L'un "est fixé autour du sanctuaire, se déplace dans un petit périmètre", a "un comportement différent", a consommé des appâts disposés, et "recherche la proximité de ses congénères" du refuge qu'il a fui. Les spécialistes se disent "optimistes" quant à sa capture vivant, a indiqué à la presse le directeur de cabinet du préfet des Deux-Sèvres Jean-Luc Tarrega.

Par contre, "par son comportement, le loup actuellement en divagation en Charente-Maritime représente un risque sérieux pour la sécurité des animaux domestiques et pour la protection des élevages ovins", a souligné la préfecture de ce département.

La préfecture des Deux-Sèvres rappelle que "l'objectif N.1 est la capture des deux animaux vivants", et le tir létal "la dernière étape", mais qu'elle prendrait "(ce) même type de mesure" si le loup en divagation venait à prédater dans les Deux-Sèvres. Dans les deux cas, les autorités rappellent que l'option du tir de flèches hypodermiques est complexe, requérant une grande proximité avec l'animal.

Elles rappellent aussi que l'arrêté rend le tir "possible" mais qu'il est "déclenché en fonction de la situation". Et que seuls les agents de l'OFB peuvent tirer. "Tout un chacun, sous couvert de l'arrêté préfectoral, ne peut aller à la chasse au loup", a insisté M. Tarrega.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.