"Le bien-être animal" au coeur du Parc des Félins

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Un guépard au sein du Parc des félins de Lumigny-Nesles-Ormeaux (Seine-et-Marne), le 23 mai 2019
Un guépard au sein du Parc des félins de Lumigny-Nesles-Ormeaux (Seine-et-Marne), le 23 mai 2019
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© AFP, Thomas SAMSON

AFP, publié le mardi 28 mai 2019 à 07h12

Peu de félins mais de grands espaces, peu de naissances mais programmées ... Le parc des Félins qui héberge 200 animaux dans un domaine de 70 hectares table sur le bien être animal pour que ses pensionnaires soient les meilleurs ambassadeurs de leur espèce.

A Lumigny-Nesles-Ormeaux, en Seine-et-Marne près de Provins, à une cinquantaine de kilomètres de Paris, le parc zoologique, créé et dirigé par Patrick Jardin, a une philosophie et un code éthique très poussé en faveur des animaux. 

"Le bien-être animal va s'amplifier pour les parcs zoologiques. On a un rôle à jouer pour la conservation des espèces", explique à l'AFP Patrick Jardin. 

Depuis 2006, le parc abrite une trentaine d'espèces, du plus petit, le chat rubigineux de 900 grammes au plus grand, le tigre de Sibérie, pesant plus de 300 kg et plusieurs espèces présentées sont menacées d'extinction dans leur milieu naturel.

"Ici on n'expose pas les animaux, on invite les visiteurs à entrer dans leur monde", revendique-t-il.

Dans des enclos de plusieurs hectares, des lions, tigres, panthères ou encore léopards, pas de bitume mais une végétation riche : des ronciers, des grands arbres, des buttes en terre, des troncs couchés au sol pour qu'ils fassent leurs griffes et des points d'eau.  "On crée des enclos qui reproduisent les besoins physiologiques des animaux. Une vision que l'on aurait dans la nature".

Au cours du parcours de 4km, on aperçoit au loin des tigres blancs. "C'est une tare génétique stabilisée " lance-t-il. "Le tigre blanc attire le regard. Il est son propre ambassadeur".

Plus loin dans l'allée en sable, Grom le léopard se repose à 15 mètres du sol, perché dans un arbre. Il  vient de Russie et a été échangé avec un congénère du parc.

"On respecte un texte de loi qui stipule que les animaux doivent avoir une ou plusieurs caches pour se soustraire de la vue du public. Je n'invente rien", note l'homme en bermuda âgé de 60 ans, aux cheveux grisonnant attachés en arrière.

- Pas de notion d'argent - 

Trois frères, des lions de l'Atlas, se coursent et jouent avec des bouts de bois. Ils font partie d'un programme européen d'échange entre zoos et viennent de Rabat.

Ici, les naissances sont très réglementées, comme celles des bébés chats des sables qui attirent les curieux. Chaque année, seules trois ou quatre femelles seront autorisées à se reproduire. 

Véronique Donada s'arme de patience pour voir les chatons des sables sortir de leur cachette: "On joue le jeu, on attend... on reviendra."

Selon Patrick Jardin "aujourd'hui 90 % des animaux sauvages se reproduisent en captivité. "Une famille sur deux est sous contraceptif. On ne reproduit que si on sait que deux ans après il y a aura un placement au sein du programme européen d'élevage".

"C'est une grande bourse d'échanges. Il n'y a aucune notion d'argent et personne n'a la propriété des animaux", révèle-t-il.

Un jaguar de Guyane va bientôt venir former un couple avec un pensionnaire du parc.

Les zoos modernes "travaillent à la conservation du patrimoine génétique de chaque espèce pour que nos enfants et petits-enfants connaissent le même tigre que l'on a connu", précise le responsable.

Sébastien Verdin, responsable pédagogique, organise des ateliers pour les jeunes. "Ma mission est de faire en sorte qu'ils sortent d'ici avec des notions d'écologie. Je leur fais comprendre que ce qu'ils voient ici est une richesse pour qu'ils s'investissent à leur tour dans la sauvegarde des animaux", relate-t-il. "Nos générations ont commis des erreurs. On a poursuivi les erreurs de nos grands-parents. On n'a pas envie que les générations de demain nous disent vous avez laissé disparaitre tout ça !" 

Le parc zoologique mise aussi sur la beauté des félins pour sensibiliser le public afin de récolter des fonds pour l'ONG Panthera qui oeuvre notamment pour que le lion d'Afrique du Sénégal ou du Bénin vive toujours en liberté, souligne Patrick Jardin: "On est au bout du bout des derniers lions de cette sous-espèce. Il faut faire en sorte que les populations locales cohabitent avec eux"!

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