Fukushima: un robot confirme la possibilité de soulever du combustible fondu

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La centrale de Fukushima, le 31 janvier 2019 au Japon
La centrale de Fukushima, le 31 janvier 2019 au Japon
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© AFP, Behrouz MEHRI
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AFP, publié le jeudi 14 février 2019 à 12h27

Un robot dépêché mercredi dans un réacteur de la centrale ravagée de Fukushima (nord-est du Japon) a réussi à soulever des petits morceaux du combustible nucléaire fondu, un test d'une importance cruciale pour les futures opérations d'extraction.

L'engin, télécommandé depuis une salle de contrôle et équipé de divers instruments de mesure, est parvenu avec une sorte de pince à attraper des morceaux de ces "débris" et à les élever de 5 cm environ, avant de les reposer.

"Nous avons ainsi pu confirmer qu'il était possible de les bouger", a indiqué à l'AFP une porte-parole de la compagnie qui gère la centrale, Tokyo Electric Power (Tepco).

Six endroits du fond de l'enceinte de confinement du réacteur 2, l'un des trois où le combustible a fondu, ont été observés. Le test de soulèvement a été effectué avec succès en cinq emplacements, mais a échoué à un endroit où, selon Tepco, il faudra déployer des moyens différents.

Les techniciens n'avaient pas prévu cette fois d'effectuer de prélèvement, mais une telle opération devrait avoir lieu d'ici à mars 2020.

De précédentes investigations avaient été réalisées dans l'enceinte de confinement dans laquelle s'est échoué le combustible, mais uniquement des observations distantes avec caméras et robots. Cela avait permis de repérer une partie du combustible fondu.

C'est le retrait de ces "débris", d'un niveau de radioactivité exceptionnelle, qui constituera la tâche la plus ardue du démantèlement de ces installations mises en péril il y a bientôt huit ans, le 11 mars 2011, par un gigantesque tsunami sur la côte nord-est du Japon.

Les coeurs des réacteurs 1 à 3 ont fondu au moment de l'accident et doivent être refroidis en permanence. L'exploitant Tepco est toujours en train d'étudier les moyens nécessaires pour en extirper le combustible, tentant de collecter le maximum de données sur l'état dans lequel il se trouve, lequel diffère selon les réacteurs.

Cette opération ne débutera pas au mieux avant 2021 dans une première tranche, et Tepco a en outre bien d'autres casse-tête à résoudre, dont celui des quantités massives d'eau en partie contaminée stockées dans des citernes installées sur le site.

L'accident de Fukushima, le pire depuis celui de Tchernobyl (Ukraine) en 1986, a provoqué l'évacuation de dizaines de milliers de personnes, dont beaucoup ne peuvent ou ne veulent pas revenir à cause des radiations. Une partie de la zone est pour des décennies au moins inhabitable.

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