Environnement : le lourd bilan des SUV et de l'industrie automobile

Environnement : le lourd bilan des SUV et de l'industrie automobile
Selon Greenpeace, les cinq plus gros constructeurs sont responsables de 55% des émissions carbone de la filière

, publié le mardi 10 septembre 2019 à 07h46

Selon Greenpeace, l'ensemble des véhicules vendus par les grands constructeurs automobiles en 2018 vont polluer autant que tous les habitants de l'Union européenne en un an.

Alors que les acteurs du monde de l'automobile se rassemblent à l'occasion du salon de Francfort, Greenpeace publie ce mardi 10 septembre un rapport pointant l'impact des constructeurs sur la planète. Selon le document, intitulé "Droit dans le mur - L'industrie automobile, moteur du dérèglement climatique", le bilan carbone 2018 de l'industrie automobile représente près d'un dixième des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Cinq géants responsables de plus de la moitié des émissions carbone de la filière

"Au total, les 12 constructeurs qui ont été passés au crible pour ce rapport sont responsables de 4,3 gigatonnes d'émissions carbone", explique Greenpeace.

"En extrapolant ce chiffre et avec 86 millions de véhicules vendus en 2018, on estime que l'ensemble de l'industrie automobile est responsable de 4,8 gigatonnes d'émission carbone, soit 9% des émissions de gaz à effet de serre", précise l'ONG environnementale, critiquant des industriels dont les campagnes de communication autour de "véhicules plus verts" ne résiste pas à l'épreuve des faits. Les plus gros constructeurs sont logiquement les plus gros pollueurs: Volkswagen arrive en tête des émissions, devant Renault-Nissan, Toyota, General Motors et Hyundai-Kia. A eux cinq, ils représentent 55% des émissions carbone de la filière.



Nous demandons à cette industrie de changer radicalement, ou d'être responsable devant l'Histoire", estime Greenpeace, pour qui "son inaction nous prive d'un avenir plus vert, plus propre, avec davantage de chances de survie".Cette annonce intervient à quelques heures de l'ouverture mardi des journées professionnelles du salon automobile de Francfort, qui accueillera le grand public du 12 au 22 septembre. La "grand-messe" allemande du secteur automobile s'inscrit dans un contexte lourd marqué par "le 'dieselgate' (scandale des moteurs truqués de Volkswagen), puis le départ manqué dans l'électrique", expliquait dimanche Ferdinand Dudenhöffer, directeur du Center Automotive Research (CAR), basé en Allemagne.

L'hybride n'est "pas la solution miracle"
 L'automobile dans son ensemble traverse une période de troubles: investissements lourds sur fond de bouleversements technologiques, guerres commerciales, menaces de Brexit dur, et, en Europe, l'entrée en vigueur l'an prochain de plafonds d'émissions de CO2 qui contraignent les constructeurs à une électrification des véhicules à marche forcée. Mais aux yeux de Greenpeace, "l'amélioration de l'efficacité de l'essence et des véhicules hybrides ne sont plus des solutions suffisantes à la crise climatique. Au contraire, ils retardent les changements fondamentaux nécessaires, et la progression actuelle des ventes de SUV (4x4 urbains, NDLR) est une menace de plus pour notre climat".
"Ce n'est pas la solution miracle", abonde Sarah Fayolle, chargée de campagne de Greenpeace France, sur franceinfo. Le vrai enjeu est de planifier la fin des rentes de l'ensemble des voitures qui fonctionnent à l'essence ou au diesel. Si on pouvait déjà arrêter de promouvoir ces véhicules, ce serait déjà une bonne chose", estime t-elle ce mardi 10 septembre.

Greenpeace Allemagne a d'ailleurs mené ce week-end une action contre un cargo transportant des SUV à Bremerhaven, dans le nord du pays, sous la bannière "Klimakiller an bord", 'tueur de climat à bord'. "Chaque vente de SUV nous condamne à des émissions de CO2 plus élevées sur l'ensemble de sa durée de vie", déplore l'ONG, avançant qu'ils produisent davantage de gaz à effet de serre que les autres types de véhicules.

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