Danemark: une mutation de la Covid-19 oblige l'abattage de millions de visons

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Des visons élevés dans une ferme à Gjol, dans le nord du Danemark, le 9 octobre 2020
Des visons élevés dans une ferme à Gjol, dans le nord du Danemark, le 9 octobre 2020
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© AFP, Henning Bagger, Ritzau Scanpix

, publié le mercredi 04 novembre 2020 à 17h50

Le Danemark va abattre la totalité de la quinzaine de millions de visons élevés sur son territoire à cause d'une mutation du Covid-19 déjà transmise à 12 personnes, qui menace l'efficacité d'un futur vaccin pour l'homme, a annoncé mercredi la Première ministre Mette Frederiksen. 

"Le virus muté via les visons peut créer le risque que le futur vaccin ne fonctionne pas comme il le doit (...) Il est nécessaire d'abattre tous les visons", soit 15 à 17 millions de bêtes selon les autorités, a dit la Première ministre lors d'une conférence de presse.

Selon les explications des autorités danoises, cette mutation ne se traduit pas par des effets plus graves chez l'homme mais par une moindre efficacité des anticorps humains, ce qui menace la mise au point d'un vaccin contre le Covid-19.

Le virus muté détecté sur des visons "ne réagit pas autant aux anticorps que le virus normal. Les anticorps ont toujours un effet, mais pas aussi efficace", a expliqué le responsable de l'Autorité danoise de contrôle des maladies infectieuses (SSI), Kåre Mølbak.

"La poursuite de l'élevage de visons impliquerait un risque beaucoup plus élevé pour la santé publique, tant au Danemark qu'à l'étranger", a-t-il souligné.

Le Danemark est le premier exportateur mondial de peaux de visons, une activité qui a fait la fortune de plus d'un millier de fermes dans le petit royaume nordique. Après des premiers cas de Covid-19 chez les visons, Copenhague avait déjà lancé cet été une campagne d'abattage dans les élevages infectés.

Les douze cas de transmission à l'homme du virus muté ont été détectés dans le nord du Jutland (ouest), où sont concentrés la plupart des élevages.

Selon le ministre de la santé Magnus Heunicke, "les recherches ont montré que les mutations pouvaient affecter les actuels candidats pour un vaccin contre le Covid-19".

"C'est une menace pour le développement de vaccins contre le coronavirus, c'est pour ça que nous devons mener une campagne nationale", a-t-il insisté.

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