Collision de navires au large de la Corse : la fuite d'hydrocarbure est "maîtrisée", assure François de Rugy

Collision de navires au large de la Corse : la fuite d'hydrocarbure est "maîtrisée", assure François de Rugy
L'Ulysse, un navire roulier tunisien, et le CLS Virginia, un porte-conteneurs chypriote, sont entrés en collision dimanche 7 octobre, au large du Cap Corse. Du fuel de propulsion s'est échappé de ce dernier.
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, publié le lundi 08 octobre 2018 à 12h44

Le ministre de la Transition écologique doit se rendre sur place lundi après-midi, au lendemain du choc entre un navire roulier tunisien et un porte-conteneurs chypriote au large du Cap Corse.

Les opérations de dépollution ont débuté lundi matin et devraient durer plusieurs jours. Mais la fuite d'hydrocarbure, qui s'échappait du porte-conteneurs, "est maîtrisée", a indiqué le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, lundi sur BFMTV, alors qu'il visitait le Mondial de l'Auto à Paris.

"C'est un seul réservoir qui a été éventré et nous avons déjà déployé sur place des moyens de pompage (...) pour éviter toute pollution", a-t-il précisé.

La météo et les conditions de navigations étaient bonnes

Dimanche 8 octobre, vers 07h30, un navire roulier tunisien, l'Ulysse, parti de Gênes (Italie) vers Tunis, est entré en collision avec le porte-conteneurs chypriote CLS Virginia, alors au mouillage à environ 28 km au nord-ouest du Cap Corse. Le choc a provoqué une brèche dans la coque du porte-conteneurs, laissant échapper du fuel de propulsion. L'accident s'est produit alors que la météo et les conditions de navigations étaient bonnes, avec peu de mer et un vent léger de 7 nœuds (13 km/h). Plusieurs dizaines de mètres cubes de fuel ont été rejetés dans la Méditerranée (entre 40 et 200 m3, selon la préfecture maritime de Toulon). Le fuel s'étendait lundi matin sur une vingtaine de kilomètres, en taches disloquées par le vent.



"Je vais me rendre sur place personnellement ce (lundi) après-midi pour (...) constater les moyens déployés par l'État français mais aussi, je tiens à le dire, l'État italien", a poursuivi le ministre sur BFMTV. Il souhaite aussi "saluer l'action de tous les services de l'État qui sont mobilisés, de la Marine nationale jusqu'au remorqueur de haute mer Abeille Flandre, qui est déjà sur place depuis hier".


"Vigilance absolue"

"Face à cette incroyable collision à 15 miles au nord du Cap Corse, les services de lÉtat sont mobilisés sous l'autorité du préfet maritime pour pomper la fuite d'hydrocarbures et désincarcérer les navires avec une coopération France-Italie", avait déjà réagi François de Rugy dimanche après-midi sur son compte Twitter.

De son côté, le président nationaliste du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, se dit, lui aussi sur Twitter, déterminé à "comprendre les raisons de l'accident et établir les responsabilités". Il appelle à la "vigilance absolue en termes d'éventuelle pollution, et ce d'autant plus que le choc a eu lieu dans le périmètre du parc naturel marin du Cap Corse et de l'Agriate". C'est le plus grand parc naturel marin de métropole (6.830 km2), qui fut inauguré en 2016 par Ségolène Royal.

Six navires sur place

Sur place, deux navires français et deux italiens étaient déjà présents lundi matin, et un autre de chaque pays devait encore arriver. Objectif : empêcher au maximum tout nouveau dégagement de carburant de la soute du porte-conteneurs et récupérer le fuel qui s'en est déjà échappé. "Avec le vent, le ruban de fuel (qui faisait environ 4 km de long sur 100 m de large dimanche soir, NDLR) s'est étendu et disloqué", a expliqué à l'AFP un porte-parole de la préfecture maritime. Le carburant est toujours poussé par le vent vers le nord-ouest, s'éloignant des côtes corses.

En quoi consistent les opérations de dépollution ? Il s'agit de déployer un barrage flottant pour limiter l'extension de la traînée et concentrer la pollution. Ce, grâce à un système de bras articulé concentrant le fuel puis à un écrémeur qui le récupère ensuite. Parallèlement, "des discussions sont en cours pour établir dans quelles conditions on peut désincarcérer les deux navires", précise encore la préfecture maritime. Les deux navires devront ensuite rejoindre un port, en étant soit remorqués, soit escortés.

LES IMAGES DE LA NAPPE DE FUEL :

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