Changement climatique et nouvelle règlementation pourraient faire renaître le vin en Bretagne

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 Des vignes pourraient être replantées en Bretagne. Grappes de raisin blanc photographiées le 15 septembre 2014 à Leognan dans le Bordelais

Des vignes pourraient être replantées en Bretagne. Grappes de raisin blanc photographiées le 15 septembre 2014 à Leognan dans le Bordelais

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AFP, publié le vendredi 02 mars 2018 à 11h33

Vingt-deux candidats prêts à s'installer comme vignerons dans le Morbihan: assouplissement de la règlementation et changement climatique aidant, la Bretagne pense à renouer avec son passé viticole. Et même de grandes maisons y réfléchissent.

"Nous avons reçu 22 candidatures, nous en avons sélectionné cinq et le choix sera effectué dans quelques semaines", explique à l'AFP David Lappartient (LR), maire de Sarzeau, commune qui veut relancer la viticulture sur son territoire.

En Bretagne, la présence de vigne est attestée au moins depuis le Moyen-Age. A Sarzeau, elle a occupé "plus d'un millier d'hectares". On y distillait en particulier la "Fine de Rhuys" et la dernière déclaration de vendanges remonte à 1993. Pour renouer avec son histoire, la commune va mettre à disposition de l'heureux élu une dizaine d'hectares autrefois plantés en ceps.

"L'objectif est de créer une activité professionnelle à part entière, avec l'ambition de faire un bon vin. On veut montrer que c'est possible", explique le maire, rappelant que le parcellaire de Sarzeau reste marqué par la vigne. La plantation est envisagée d'ici 18 mois à deux ans.

Au projet économique en biodynamie s'ajoute l'idée d'un atout touristique supplémentaire dans cette presqu'île très prisée, en bordure méridionale du golfe du Morbihan: "les vignes, c'est toujours quelque chose qui attire, ça crée de beaux paysages. Et les gens seront heureux de goûter un vin du coin", considère David Lappartient.

L'élu est également président du Parc naturel régional du golfe du Morbihan (PNRGM), dont deux îles, Arz et Ilur, sont embarquées dans l'aventure viticole, la première pour un projet associatif et la seconde, pédagogique. 

- 'Viticulture insulaire' -

De fait, même s'ils sont encore timides, plusieurs autres projets professionnels sont sur les rails. Ainsi, après avoir travaillé chez des vignerons en Bourgogne et en Suisse, Mathieu Le Saux est en cours d'installation sur l'île de Groix, face à Lorient, pour un projet de "viticulture insulaire".

"Le sous-sol de Groix est exceptionnel (...) On a cinq hectares et on compte planter la totalité en vigne avec l'espoir de premières vendanges d'ici cinq ans", assure le trentenaire.

Parallèlement, un gros domaine viticole du sud-est de la France est venu en prospection à Belle-Ile-en-mer en vue d'y développer un vignoble, a-t-on appris auprès de la société concernée qui veut rester discrète et affirme à l'AFP ne pas vouloir "communiquer sur le sujet pour le moment". 

David Lappartient confirme des contacts similaires pour le parc naturel: "On a reçu la visite de propriétaires de châteaux du Bordelais et de Bourgogne qui réfléchissent. La vigne est un bon indicateur de l'évolution du climat", souligne-t-il.  

Quand la maison Taittinger plante dans le Kent ou que les Barclay cultivent la vigne à Sercq, dans les îles anglo-normandes, avec l'espoir d'en servir la production dans leur cinq étoiles londonien, tous les espoirs semblent en effet permis aux vignobles bretons.

Ce qui est certain, c'est que "le climat breton devrait devenir de plus en plus favorable à la vigne", considère Franck Baraer, climatologue à Météo France.

"Le climat va continuer à se réchauffer et, à l'échéance de 50 ou 100 ans, le climat futur de Rennes pourrait être celui de Bordeaux, avec quelques degrés de plus qu'aujourd'hui", prévoit M. Baraer. Tout en tempérant ses propos: "Comparé aux régions continentales, la Bretagne n'est pas la région qui se réchauffe le plus en raison de la proximité de la mer" et de son pouvoir régulateur. 

M. Baraer rappelle aussi que la Grande-Bretagne, nettement plus au nord, compte déjà environ "130 vignerons".

- Des règles assouplies -

En Bretagne, depuis une douzaine d'années, un groupe de passionnés de l'Association pour la reconnaissance des vins bretons (ARBV) se réunit régulièrement pour tester leurs crûs et les améliorer. Mais ces amateurs, qui cultivent de petites parcelles un peu partout en Bretagne, étaient bloqués jusqu'ici par une règlementation très stricte.

Depuis le 1er janvier 2016, une directive européenne a bousculé la donne. La France peut désormais accroître chaque année ses plantations de 1%, soit 8.000 hectares, selon France Agrimer. Et surtout, ces nouvelles plantations peuvent intervenir, sauf exception, sur l'ensemble du territoire. 

"Actuellement, on délivre des autorisations de plantation pour 3.000 à 4.000 hectares par an. Il n'y a pas de restriction pour la Bretagne. Donc, tout demandeur inscrit comme exploitant viticole qui dépose un dossier recevra autorisation pour la totalité des hectares souhaités", explique Anne Haller, déléguée pour les filières viticoles à France Agrimer.

"Il y a clairement des gens dans toutes les régions, y compris en Bretagne, qui sont très curieux de faire des expérimentations", constate Mme Haller.

Avec quelques collègues, Pierre-Yves Perrachon, viticulteur depuis plus de 30 ans à La Chapelle de Guinchay, dans le Beaujolais, est de ceux-là.

Il avait rêvé il y a quelques années de tenter cette expérience dans le Morbihan, la terre de sa mère. "On avait un terrain en vue. On avait fait des analyses de sol et sélectionné 4/5 cépages. Mais ce qui nous a bloqué à l'époque, c'est l'administration", dit-il. La nouvelle règlementation pourrait peut-être le faire changer d'avis: "de mon côté, c'est suspendu"... 

Pour Mathieu Le Saux, aucun doute: "dans cinq ans, c'est clair et net: il y aura cinq ou dix maisons viticoles en Bretagne!"

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8 commentaires - Changement climatique et nouvelle règlementation pourraient faire renaître le vin en Bretagne
  • Vive les circuits courts.....!

  • Avec du porc bourré d'antibiotiques, c'est excellent !

    Les nitrates dans l'eau et les sulfites dans le vin, il ne nous reste plus qu'a mourir à 100 ans - ?

  • Et pourquoi pas, on fait bien un très bon vin en Normandie.

  • ça craint déjà en Bretagne, alors si en plus on y cultive du raisin, faudra éviter absolument de passer par là en voiture!!!

    je serai breton je vous attaquerai
    et vous êtes d'où ?
    le non buveur masqué

  • vous en avez pas marre de nous raconter du pipeau avec votre changement climatique plus personne n'y crois ce'"est qu'une histoire de fric odieuse

    Posez vous ces questions :

    -pourquoi la calotte glacière diminue et les glaciers disparaissent
    -quelle est l'origine des grands feux qui sévissent en Californie et la sécheresse qui va avec
    -à quoi est du le développement du Sahel et la pauvreté augmente en Afrique
    -les phénomènes météo récents : le froid sibérien en Europe, la douceur des mois de décembre et de janvier derniers

    Donnez moi une autre raison fiable que le réchauffement climatique, sinon je pense que vous n'avez rien à dire. Et le climatoscepticisme, que vous défendez, est vraiment stupide alors que des événements contraires prouvent qu'il se passe quand même quelque chose sur notre planète. Vous appréciez Trump et sa position à cet égard, mais que savez vous de l'évolution de notre climat demain ?
    Et arrêtez de vous limitez aux aspects financiers de cette évolution et appréciez aussi les preuves qu'ont apporté les scientifiques.

    A yves93: vous perdez votre temps, les indécrottables sont légion sur ce site ou ailleurs.............

    yves93 vous comparez des situations sur un siècle, aucune comparaison possible ni logique car entre temps la population de la terre a pratiquement quadruplée.
    de plus ils existe un phénomène cyclique d'orbite de la terre autour du soleil qui devient de elliptique a radicalement ou presque circulaire ce qui est le cas du moment ...et cela sur des centaines de milliers d'années... le pillage des ressources naturelles et le recule des ressources renouvelables vont effectivement intensifier ce phénomène rien est fait en se sens ce n' est pas avec des taxes que les moteurs ne pollueront plus ! le gaspillage de l’énergie fossile gaspillage inutile comme les milliers d'avions qui circulent pour du vent les courses débiles du genre paris Dakar la f1 etc ,les centaines de fusées envoyées dans l' espace perturbent les courants aériens et les polluent complètement en brulant des quantités énorme d’oxygène inutilement... les éoliennes qui nécessitent un bétonnage des sols énorme les fermes solaires qui créent des zone d'ombres artificielles et tuent la vie et la flore souterraine alors arrêtez avec votre réchauffement climatique qui consiste uniquement a culpabiliser les pauvres gens victimes de votre politique mensongère au service des lobbys financier étrangers et rien d'autre les hivers que nous connaissons en Normandie j'en ai toujours connue de la sorte et rien a changé et j' ai bientôt 69 ans mais contrairement a vous j'ai un cerveau et une mémoire alors arrêtez avec vos mensonges

    A yves93: pardon, je vous avais prévenu..................

    palombe47 j’espère que tu parles pour toi en guise indécrottable tu es tellement conditionné par le système que j'en ai renoncé a te répondre pantin