A Mossoul après la guerre, on plante des acacias et des cyprès

A Mossoul après la guerre, on plante des acacias et des cyprès
Des volontaires et étudiants plantent des arbres à Mossoul, dans le nord de l'Irak, le 25 novembre 2021

publié le jeudi 25 novembre 2021 à 13h48

Acacias, citronniers, cyprès et petits flamboyants: quelque 300 arbres ont été plantés jeudi sur le campus d'une université de Mossoul, coup d'envoi d'une campagne pour lutter contre la désertification dans cette métropole du nord de l'Irak, ancien bastion jihadiste ravagé par la guerre.

Au total, quelque 5.000 arbres seront mis en terre ces deux prochains mois à Mossoul et ses environs grâce à des financements du centre de crise et de soutien du ministère français des Affaires étrangères.

Jeudi matin, des volontaires et des étudiants, hommes et femmes, munis de pelle creusaient les pelouses clairsemées de l'Université technique de Mossoul pour y planter des arbres à la silhouette frêle, tout près des tuyaux d'irrigation devant assurer leur survie.

Des cyprès, citronniers, pins, acacias, mais aussi margousiers et petits flamboyants, poétiquement appelés en arabe les "moustaches du roi": quelque 300 arbres ont été mis en terre, explique Abdel Aziz al-Saleh, responsable communication de "Mosul Eye", l'oeil de Mossoul, média citoyen chargé de mener à bien le projet.

"L'objectif est de lutter contre la désertification à Mossoul qui n'a pas beaucoup d'espaces verts, nombre d'entre eux ayant disparu avec la guerre", a-t-il dit à l'AFP.

L'Irak est le cinquième pays au monde le plus affecté par le changement climatique, vivant des sécheresses de plus en plus sévères et une baisse des précipitations.

"Ces dernières années (...) il y a moins de pluies, les eaux souterraines s'assèchent, les températures augmentent", a déploré M. Saleh.

Le collectif Mosul Eye a vu le jour initialement pour dénoncer les exactions des jihadistes du groupe Etat islamique (EI), chassés de Mossoul en 2017 au terme d'une offensive des forces irakiennes soutenues par une coalition internationale.

Jeudi, Aysan Samir, apiculteur de 23 ans dans la région de Mossoul, est venu planter des arbres.

"La province de Mossoul était une province sinistrée. Replanter des espaces verts ça redonne de l'espoir et de la vie dans la ville", confie le jeune homme.

Avec "l'accroissement des espaces verts, les habitants de Mossoul pourront se détendre dans les jardins".

D'ici 2050, une hausse de température d'un degré Celsius et une baisse des précipitations de 10% en Irak entraîneraient une chute de 20% de l'eau douce disponible, a averti mercredi la Banque mondiale, précisant qu'un tiers des terres agricoles irriguées seraient alors privées d'eau.

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