Zegna et Plein lancent de manière grandiose la Fashion week de Milan

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Des créations de la maison
Ermenegildo Zegna présentées à la Fashion week de Milan, le 11 janvier 2019
Des créations de la maison Ermenegildo Zegna présentées à la Fashion week de Milan, le 11 janvier 2019
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© AFP, Andreas SOLARO

AFP, publié le samedi 12 janvier 2019 à 11h17

Les maisons Ermenegildo Zegna et Philipp Plein ont donné vendredi soir, dans des décors grandioses, le coup d'envoi de la Semaine de la mode masculine de Milan, qui fera une place belle pour cette édition aux nouveaux talents.

Zegna avait choisi comme écrin la monumentale gare de Milan, construite en 1931, et le designer allemand, le palazzo Clerici, un des palais privés les plus fastueux de Milan.

Dans la Galerie des tapisseries du 17ème siècle, décorée de stucs dorés, le groupe rock The Killers a donné le ton du contraste, avec un mini-concert, avant que ne débute le défilé, organisé pour cause de désaccords sur l'horaire hors du calendrier officiel.

L'homme Plein automne-hiver 2019-2020 arbore de très longues doudounes matelassées bicolores, intérieur noir/extérieur jaune fluo ou orange/camouflage, qu'il porte sur des T-shirt à l'effigie d'Al Pacino dans "Scarface".

Il aime aussi les têtes de mort et les paillettes, qu'elles soient sur ses costumes ou ses sneakers.

L'homme Zegna est lui tout en élégance. Il se promène en parka couture matelassée, manteau de maille ou bombers, taillés dans des tissus précieux - laine, cachemire- et une palette de tons urbains, de l'ardoise au gris étain... Les pantalons se rétrécissent sur le bas et se portent sur des boots ou des sneakers multi-matières.

Milan, qui prend la suite de Londres, va accueillir au total 29 défilés.

Selon une tendance désormais bien ancrée, ce rendez-vous de la mode "hommes" sera en fait très mixte, puisqu'il comptera, comme on les baptise, une dizaine de défilés "co-ed".

- "Semaine unique" -

Du fait du développement de ces défilés mixtes et alors que certaines maisons privilégient d'autres événements en raison du coût des défilés et des bouleversements induits par les réseaux sociaux, cette Fashion week est un peu plus réduite que l'an passé.

Parmi les habitués cette fois aux abonnés absents: Moschino, qui a défilé à Rome mardi, Palm Angels, qui a choisi la semaine de la mode féminine de New York, ou Giorgio Armani (la ligne principale du groupe), qui défilera en février à Milan lors de la semaine femmes.

Le programme s'annonce néanmoins dense et surtout très festif.

"Cette semaine de la mode est un moment très énergique. Cette année, nous avons beaucoup misé sur les jeunes, sur l'avenir", avec notamment vendredi soir une fête mettant en valeur 12 designers émergents, a déclaré le président de la Chambre de la Mode italienne, Carlo Capasa, dans un entretien avec l'AFP.

"Ceci continuera durant tout le week-end, avec de nouvelles marques qui défileront pour la première fois à Milan, comme United Standard, une marque italienne créée en 2015 par Giorgio di Salvo, Magliano de Luca Magliano ou la maison japonaise Bed J.W. Ford", a-t-il détaillé.

Mais, aux côtés de ces jeunes pousses, nombre de grands noms de la mode italienne continuent de répondre présents, comme Dolce & Gabbana et Versace (samedi), Prada (dimanche), ou Fendi et Armani avec sa ligne Emporio (lundi).

Du côté des maisons étrangères, on peut citer la présence de Dsquared2, des jumeaux canadiens Dean et Dann Catten, et du styliste britannique John Richmond, qui effectue son retour à Milan.

Ce long week-end, qui se conclura lundi soir avec une soirée Gucci, prend la suite du salon Pitti Uomo de Florence, créant ainsi une "semaine unique", a souligné M. Capasa.

Cette activité est cruciale en Italie: la mode est la deuxième industrie de la péninsule et la première en termes d'exportation.

- "Prozac" -

Le secteur (textile, habillement, maroquinerie, chaussures), qui a connu des années difficiles, a confirmé en 2018 sa bonne santé retrouvée, avec une hausse de son chiffre d'affaires de 2,8%, à 66,6 milliards d'euros.

La seule mode hommes a progressé de 2%. "Dans l'Europe à 28, l'Italie représente 38% de la production de +menswear+, mais sans les habits de travail et le sport cela monte à 46%", ce qui en fait le leader européen, a noté M. Capasa.

Néanmoins, en raison du contexte international (Brexit, tensions commerciales sino-américaines...), "il y a un peu de préoccupation" pour 2019. 

Mais, a-t-il souligné "nous devons rester positifs, nous sommes un peu le Prozac dans les moments difficiles, car la mode fonctionne pour donner un moment de plaisir".

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