Yémen: un musée national s'effondre après des pluies diluviennes

Yémen: un musée national s'effondre après des pluies diluviennes
Le musée national du Yemen, à Taez, partiellement effondré après de fortes pluies, le 27 septembre 2020

, publié le mardi 29 septembre 2020 à 17h41

De fortes pluies ont provoqué l'effondrement d'une partie du musée national récemment restauré à Taëz, dans le sud du Yémen en guerre, selon un photographe de l'AFP.

Autrefois palais ottoman, puis résidence de l'un des derniers rois yéménites, le bâtiment était devenu un musée en 1967 et a été depuis bombardé, et ses collections pillées.

L'entrée principale, la façade et plusieurs salles du musée ont été détruites par de fortes pluies la semaine dernière, a constaté le photographe de l'AFP.

Le musée avait été partiellement restauré en 2019, mais certaines parties étaient restées endommagées, laissant le site vulnérable face aux précipitations.

"L'une des entrées principales s'est effondrée (...) du fait des pluies intenses qui menacent tous les sites culturels et historiques", a affirmé à l'AFP le directeur du musée, Ramzi al-Damini.

Le musée, qui devait rouvrir ses portes en 2023, est un "symbole pour Taëz et si (...) des rénovations ne sont pas entreprises, cela aura un effet négatif sur la ville", a affirmé à l'AFP Ahmed Jasar, directeur des antiquités dans cette région.

Le patrimoine culturel du Yémen a été affecté par la guerre entre le gouvernement, appuyé depuis 2015 par une coalition militaire emmenée par l'Arabie saoudite, et les rebelles Houthis soutenus par l'Iran et qui contrôlent la majorité du Nord, dont la capitale Sanaa.

Taëz est sous contrôle gouvernemental mais encerclée par les forces rebelles dont les bombardements ont touché le musée à plusieurs reprises.

De fortes pluies se sont abattues au Yémen ces derniers mois, déclenchant des crues qui ont tué des dizaines de personnes et endommagé des sites classés au patrimoine mondial de l'Unesco. 

Le conflit dans le pays a tué des dizaines de milliers de personnes, selon diverses ONG. L'ONU évoque régulièrement la pire crise humanitaire en cours dans le monde.

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