Vendée Globe: Molécule fait chanter les voiles de Thomas Ruyant

Chargement en cours
Thomas Ruyant sur son monocoque LinkedOut au départ du Vendée Globe le 8 novembre 2020
Thomas Ruyant sur son monocoque LinkedOut au départ du Vendée Globe le 8 novembre 2020
1/4
© AFP, Loic VENANCE

, publié le samedi 14 novembre 2020 à 08h54

Du jamais vu ni entendu: Molécule, tête chercheuse de l'électro, mixera images et sons captés à bord du bateau de Thomas Ruyant, pour un témoignage artistique du Vendée Globe de ce navigateur.

Les deux hommes sont sur la même longueur d'ondes, un mot qui décrit les vagues qu'affronte le marin mais aussi les vibrations que l'artiste sculptera grâce aux 16 micros embarqués sur le navire.

Grâce à 15 mini-caméras (dont 13 fixes), également disséminées sur le monocoque (LinkedOut), le projet --qui prendra forme une fois le navire à quai-- doit déboucher sur un film et un disque, qui en sera la bande originale. 

Molécule veut livrer "au grand public un témoignage artistique inédit de cette aventure qu'est le Vendée Globe, pour, à travers ce que vit Thomas, rendre hommage à l'acte grandiose, l'engagement dans cette course de ces hommes et ces femmes à bord de leurs bateaux", expose le musicien à l'AFP.

Romain Delahaye (son nom quand il n'est pas sur scène) n'en est pas à son coup d'essai, entre un album enregistré sur un chalutier en Atlantique Nord, un autre au Groenland --perdu au milieu des glaces-- ou celui inspiré par les captations de la vague de Nazaré, au Portugal, un des spots de surf les plus courus au monde.

- "Producteur au long cours" -

Le résultat vogue entre les nappes sonores élégiaques de "- 22.7°, au delà du silence", B.O. du documentaire de Vincent Bonnemazou (qui sera également à la manœuvre aux côtés de Molécule pour monter les images du périple de Ruyant) et les morceaux sombres et dansants de "Nazaré", où les voix des surfeurs et le bruit du ressac servent d'accroches ou de virgules musicales. 

La démarche, à chaque fois, fut de se "dissoudre dans un décor, s'infliger une reconnexion avec les forces naturelles", peut-on lire dans le chapitre consacré à ce "producteur au long cours" dans "Electrorama, 30 ans de musique électronique française", livre-somme de la rédaction de Tsugi (éditions Marabout). 

Mais cette fois, Molécule, resté à terre, vivra par procuration l'expérience de ce tour du monde en solitaire et sans escale. "Thomas est dans sa course, je l'ai une fois par semaine, le mercredi --quand je l'ai eu, il allait bien-- et le seul travail que je lui demande est de m'envoyer des sons quotidiennement pour une pastille que je fais pour France Info". 

- "Harmonie" -

Ruyant a d'ailleurs utilisé une image musicale dans son message vendredi sur son site: "Personne n'a été épargné par des petits bobos techniques plus ou moins graves. Je gère les miens un par un, en rythme avec les conditions de mer et de vent".

"La masse des captations --sonores et visuelles-- sera déstockée puis exploitée après la fin de la course", détaille Molécule, qui avait mobilisé 33 artistes (d'Arthur H à Rone, en passant par Malik Djoudi ou Etienne de Crécy) pour livrer en avril la B.O. idéale du premier confinement, le bien nommé "Music for containment".

Molécule et Ruyant se sont rencontrés par le biais d'un journaliste de Voile Magazine. Le courant passe. "Au départ le projet était moins ambitieux, c'était tirer des sons sur une seule journée en mer, mais une très belle navigation a montré tout le potentiel: toutes les composantes du bateau sont des instruments de musique", raconte l'artiste. Qui a le pied marin. Molécule a passé ses diplômes de voile à Cancale et à la fameuse école des Glénans et ambitionne d'être un jour "naviguant sur la Route du Rhum".

"Un marin navigue en écoutant, en fermant les yeux il sait si son bateau est bien réglé; avec un bon réglage, il y a une harmonie", conclut Molécule, qui se chargera lui de la mélodie.

pgr/fmp/dch

Vos réactions doivent respecter nos CGU.