«Une année polaire», un film insolite et émouvant

«Une année polaire», un film insolite et émouvant
L'instituteur Anders Hvidegaard, l'écolier Asser Boassen (à gauche) et un autre villageois.
A lire aussi

leparisien.fr, publié le lundi 28 mai 2018 à 18h29

Ou l'histoire d'un jeune instituteur qui part enseigner dans un village inuit (sortie le 30 mai)

Décidément les cinéastes français aiment la banquise. Après le très joyeux « Voyage au Groenland » qui racontait l'histoire de deux intermittents partis en vacances chez les Inuits, voici un beau docu-fiction, réalisé par une autre cinéaste français, Samuel Collardey, qui vous transportera à Tiniteqilaaq, un hameau inuit de 80 habitants.Voici trois raisons d'aller voir cette histoire tournée avec les vrais villageois et le nouvel enseignant.

1- Historiquement, c'est étonnant

Le réalisateur Samuel Collardey a tourné dans la partie du Groenland qui appartient au Danemark. Un instituteur danois est envoyé fin fond d'un village inuit, isolé du reste du monde. Loin de l'accueil chaleureux qu'on pourrait imaginer, le jeune homme est isolé. Les villageois parlent à peine le danois, ne veulent pas l'apprendre et se méfient du «colon». De même, leurs enfants rejettent cet instituteur qui ne connaît ni leur culture, ni leurs mots, ni leur nourriture. Peu de Français connaissent ces tensions entre les Inuits et les Danois.

/

2. A la découverte d'un cadre de vie exotique

Le réalisateur jurassien s'intéresse au milieu rural et aux paysages enneigés. «C'est ce que je connais le mieux, c'est ce que j'aime» dit-il. « Finalement le Groenland, c'est un peu comme le Jura ! Je cherchais une petite communauté paysanne. Sauf qu'au pôle Nord, les hommes ne cultivent pas, mais ils pêchent et chassent l'ours et le phoque. Mon objectif reste de témoigner d'un cadre de vie, d'un point de vue sur le monde, différent de celui que la plus part des gens connaissent et que la société nous impose. A savoir un cadre de vie urbain. J'explore les relations familiales dans ces villages reculés, le thème de la transmission, de la filiation pas forcément biologique aussi... Le manque de repères paternels. Asser, mon petit héros inuit, 8 ans, vit avec ses grands-parents, parce que ces propres parents sont alcooliques et donc incapables de s'occuper de lui. L'alcool est un fléau au Groenland. Je veux filmer ce qui nous sépare et ce qui nous rapproche ».

/

3.Des acteurs formidables

Il est toujours fascinant de voir des acteurs non-professionnels, souvent d'une grande justesse. «C'est parce qu'ils jouent leurs propres rôles qu'ils sont aussi bons», confie Samuel Collardey qui a construit son scénario en compilant beaucoup de documentations et de témoignages. « J'ai passé presque 1 ans sur place pour apprendre à les connaître et j'ai employé une partie de l'équipe technique du film « Voyage en Sibérie » pour son expérience de tournages à des températures très basses, avec des batteries qui se déchargent et du matériel qui se grippe ou se fige.

Bande-annonce d'« Une année polaire »

Le service de gestion de commentaires évolue.

A compter du 29 mars, le Journal de Réactions et la publication de commentaires seront temporairement fermés.

Les discussions autour des sujets qui vous tiennent à cœur resteront prochainement possibles au travers d’un tout nouveau service vous permettant de réagir.