Un strabisme à l'origine du génie de Vinci?

Chargement en cours
Un autoportrait de Léonard de Vinci, exposé le 10 juillet 2017 à la bibliothèque Reale à Turin, en Italie
Un autoportrait de Léonard de Vinci, exposé le 10 juillet 2017 à la bibliothèque Reale à Turin, en Italie
1/3
© AFP, Marco BERTORELLO

AFP, publié le lundi 22 octobre 2018 à 17h40

Léonard de Vinci souffrait peut-être d'un strabisme qui a contribué à son sens de la perspective, augmentant son champ de vision et la perception de la profondeur, selon une étude britannique.

L'étude dirigée par Christopher Tyler, de la City University de Londres, a porté sur six portraits et auto-portraits réalisés ou représentant le maître italien de la Renaissance, deux peintures, deux sculptures, et deux dessins.

Le chercheur a mis en évidence que les yeux des personnages visibles dans ces œuvres présentaient "un angle de strabisme divergent", notamment dans le tableau "Salvator Mundi", le "Saint Jean Baptiste" ou encore le célèbre dessin de l"Homme de Vitruve" étudiant les proportions du corps humain.

Ces indices "laissent penser que Léonard de Vinci avait un strabisme divergent intermittent, et la capacité de passer en vision monoculaire", écrit Christopher Tyler dans cette étude publiée en ligne par la revue médicale JAMA Ophtalmology.

Les personnes présentant un strabisme ont souvent une vision monoculaire plutôt que binoculaire : les deux yeux sont utilisés séparément, ce qui peut avoir pour effet d'augmenter le champ de vision et la perception de la profondeur.

Un strabisme divergent, "en particulier s'il était intermittent, peut avoir contribué à la capacité exceptionnelle de Léonard de Vinci de rendre le relief sur une toile", souligne le chercheur.

Ce trouble de la vision "explique peut-être la grande facilité (de Léonard de Vinci) à représenter des objets et des visages en trois dimensions", ou à présenter des paysages montagneux à l'arrière plan de ses compositions, selon l'étude.

Le strabisme peut s'avérer "commode pour un peintre, car voir le monde avec un seul œil permet des comparaisons directes avec l'image à plat, dessinée ou peinte", estime Christopher Tyler, qui cite des études selon lesquelles d'autres peintres de renom comme Rembrandt, Dürer, Degas ou Picasso, en souffraient également.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.